Moins 3 points pour 5 cigarettes : une ville chinoise envisage de noter la santé de ses habitants

Exposition Big Data en Chine

Photo de mai 2017
International

BIG BROTHER - La ville chinoise de Hangzhou envisage de mettre en place une application mobile qui noterait en temps réel l’état de santé de ses citoyens sur une échelle de 1 à 100.

La liberté individuelle des Chinois va-t-elle connaître une nouvelle remise en cause ? Le projet de la ville de Hangzhou, dans la région de Shanghai, a en tout cas de quoi heurter les sensibilités. Déjà laboratoire du système de traçage pour lutter contre le coronavirus, la métropole qui se veut à la pointe de la modernité veut aller plus loin : elle planche sur l'établissement d'un classement qui permettrait de noter en temps réel l'état sanitaire de ses quelques 10 millions d'âmes. 

Sun Yongrong, l'une des membres de la commission des services sanitaires de la commune, explique dans un communiqué que "les services municipaux de la santé doivent saisir cette chance (...) pour parvenir à la réalisation totale de leurs objectifs". Le document précise que le système se baserait sur la création d'une échelle de 0 à 100 points. Celle-ci serait mise en place au moyen d'une application mobile et mise à jour pour chaque habitant au fil de la journée. Le principe est élémentaire : plus un habitant se rapproche des 100 points plus son état de santé est supposé être bon. 

La cigarette fait perdre des points

Selon les premières informations dévoilées, l'application en cours de développement pourrait faire évoluer la note de chacun en fonction de plusieurs critères, un système de bonus/malus étant associé à chaque occupation. La consommation de cinq cigarettes journalières entraînerait par exemple une perte de 3 points, boire un verre de Baijui (liqueur chinoise) un retrait de 1,5 point. Au contraire, une nuit de sept heures de sommeil rapporterait 1 point supplémentaire. En plus des citoyens, les entreprises et quartiers seraient eux aussi évalués. 

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L'application, pour l'instant au stade du projet, provoque un rare tollé dans le pays et suscite des débats enflammés dans les médias et sur les réseaux sociaux. Lawrence Li, spécialiste des questions technologiques et défenseur de la vie privée, espère auprès de l'AFP qu'elle ne sera que facultative : "Dans le cas du Covid, je pense que les gens étaient d'accord pour participer. Mais si cela devient la nouvelle norme, ce sera une tout autre histoire"

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