"Mon but était de rester en vie" : le journaliste russe Arkadi Babtchenko défend la mise en scène de sa mort

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JOURNALISME - Le journaliste russe Arkadi Babtchenko, dont le faux assassinat mis en scène a suscité de nombreuses critiques, a expliqué jeudi avoir cherché par ce stratagème à "rester en vie" face aux menaces.

Il n'a pensé qu'à préserver sa vie. Au lendemain de l’imbroglio qui s’est déroulé à Kiev, Arkadi Babtchenko a pris la parole pour s’expliquer. Le journaliste russe s’est en effet justifié à propos de l’improbable mise en scène de son faux assassinat, sous le feu des critiques.


"Mon but était de rester en vie et d'assurer la sécurité de ma famille. C'est la première chose à laquelle je pensais. Les standards journalistiques, c'est la dernière chose à laquelle je pensais à ce moment", a expliqué le journaliste et écrivain de 41 ans devant la presse. Une presse qui cherche à comprendre ce qui s’est passé depuis 48h dans la capitale ukrainienne : la mort de ce reporter chevronné avait été annoncé mardi, soit disant abattu de trois balles dans le dos à l'entrée de chez lui à Kiev où il s'est exilé. 

Il est réapparu vivant mercredi, lors d'une conférence de presse-spectacle. Un procédé justifié comme nécessaire pour déjouer une tentative d'assassinat, bien réelle selon Kiev, par les services secrets russes. Arkadi Babtchenko, qui a préparé pendant des semaines la mise en scène avec les services ukrainiens, a assuré jeudi "croire" en la version des services secrets ukrainiens.

"Poutine est responsable de plusieurs guerres et de milliers de morts"

Des services russes qui viseraient Arkadi Babtchenko, mais aussi une trentaine d’autres personnes. Le journaliste, qui a quitté la Russie en février 2017, a dénoncé un "harcèlement" après avoir dénoncé le rôle de la Russie dans le conflit dans l'est de l'Ukraine, qui a fait plus de 10.000 morts depuis quatre ans. Il a d’ailleurs assuré jeudi "haïr personnellement" Vladimir Poutine : "Cette personne est responsable de plusieurs guerres et de milliers de morts. J'ai enterré mes proches, mes collègues, mes amis et je suis fatigué de le faire".


En s’exprimant publiquement, Arkadi Babtchenko cherche à atténuer la polémique qui a enflé ces dernières heures. L'ONG Reporters sans frontières (RSF) a condamné une simulation "navrante" et "une nouvelle étape dans la guerre de l'information" entre Kiev et Moscou. "Rien ne justifie de mettre en scène la mort d’un journaliste", a critiqué son secrétaire général, Christophe Deloire. Une autre organisation, la Fédération internationale des journalistes (IFJ), a qualifié l'affaire d'"intolérable et inacceptable", tandis que le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a dénoncé des mesures "extrêmes" à même de "miner la confiance du public" dans les médias.

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