Mondial 2022 : au Qatar, des ouvriers sans salaire depuis des mois

Mondial 2022 : au Qatar, des ouvriers sans salaire depuis des mois
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ALARME - Des dizaines d'étrangers travaillant sur l'un des chantiers de la prochaine Coupe du monde dans cet émirat du Golfe n'ont pas été payés depuis février 2016, dénonce ce mercredi Amnesty International. Ce n'est pas la première fois qu'un rapport pointe les conditions de travail alarmantes des employés immigrés sur les stades de football qataries.

Des vies ruinées. C'est le constat d'Amnesty International qui tire a nouveau la sonnette d'alarme ce mercredi sur les conditions de travail des travailleurs étrangers au Qatar où des dizaines d'entre eux n'ont pas été payées depuis des mois. L'organisation de défense des droits de l'Homme affirme en effet dans son dernier rapport que des ressortissants du Népal, d'Inde et des Philippines travaillant sur l'un des chantiers du Mondial 2022 de football ont des arriérés de salaires de 1.700 euros, non payés par la compagnie d'ingénierie Mercury MENA. 

Or, pour certains, cela représente l'équivalent de dix mois de salaire. Des Népalais non rémunérés ont notamment dû retirer leurs enfants de l'école, illustre Amnesty International. Ernesto, un contremaître en tuyauterie des Philippines, qui n'a pas reçu de salaires pendant quatre mois, se retrouve quant à lui maintenant plus endetté qu'à son arrivée dans le Golfe. 

Et pour cause. Mercury MENA a cessé de payer les salaires en février 2016 et cela s'est poursuivi pendant plus d'un an. En novembre dernier, Amnesty s'était entretenu avec son PDG qui avait reconnu des "problèmes de trésorerie". Alors que l'ONG appelle le gouvernement du Qatar à verser à ces travailleurs leurs salaires, Steve Cockburn, directeur des questions mondiales  a déclaré qu'"en veillant à ce qu'ils reçoivent leurs salaires, le Qatar peut (...) montrer qu'il est sérieux dans (sa volonté affichée) d'améliorer les droits des travailleurs". 

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Des centaines de personnes potentiellement concernées

Le rapport d'Amnesty International a été établi à partir des témoignages de 78 travailleurs de l'entreprise, mais des centaines de personnes pourraient en réalité être concernées. Selon l'ONG, le système dit de la "kafala" (qui permet aux entreprises d'interdire à ses employés de changer d'employeurs ou de quitter le pays)a rendu possible l'exploitation par différentes sociétés de ses employés étrangers.  

Les autorités qataries affirment de leur côté avoir fait beaucoup d'efforts pour l'amélioration des conditions de travail des ouvriers immigrés, notamment au niveau de la "kafala" que le gouvernement a déclaré commencer à démanteler. Pour May Romanos, l'auteure principale de l'enquête d'Amnesty International, "il y a quelques améliorations, quelques réformes, mais c'est lent (...) et le temps presse". Certains travailleurs auraient été autorisés à quitter le Qatar, mais à leurs propres frais. Début septembre, le gouvernement avait annoncé qu'il supprimerait les visas de sortie pour les travailleurs étrangers désirant quitter le pays, mais aucune date d'entrée en vigueur de cette mesure n'a été communiquée.

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