Mort de Christophe de Margerie : les nouveaux éléments de l'enquête

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RUSSIE - De nouveaux témoignages viennent éclairer les circonstances de l'accident d'avion survenu lundi dans l'aéroport russe de Vnoukovo. Le conducteur de la déneigeuse mis en cause aurait "perdu ses repères" et le contrôleur aérien en charge du décollage serait novice.

L'enquête se poursuit sur les circonstances de l'accident d'avion qui a entrainé la mort du patron de Total , Christophe de Margerie, lundi soir près de Moscou. Les enquêteurs russes assistés d'experts français du Bureau d'enquête pour la sécurité de l'aviation civile (BEA) ont débuté l'analyse des boîtes noires de l'appareil et prévoient d'étudier la situation météorologique. L'avocat du conducteur de la déneigeuse mis en cause dans l'accident a également apporté des précisions sur les événements. metronews fait le point.

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Le conducteur du chasse-neige ne s'est pas rendu compte qu'il était sur la piste
L'avocat de Vladimir Martynenko, l'employé qui conduisait la déneigeuse que le Falcon-50 a percuté, a apporté plus de détails sur le déroulement des événements. L'engin de son client aurait heurté un obstacle et aurait perdu de vue la colonne des autres chasses-neiges actifs au bord de la piste de décollage. "Il a pris un retard de 30 à 40 secondes", a déclaré l'avocat, estimant que "l'aiguilleur du ciel n'(avait) pas remarqué qu'un véhicule restait encore" sur la piste.

Des images de l'interrogatoire de son client ont été diffusées par plusieurs chaînes de télévision russes. "J'ai perdu mes repères et je ne me suis pas rendu compte que j'entrais sur la piste de décollage, donc on peut considérer que j'y suis entré", y raconte le conducteur, qui n'aurait "pratiquement pas vu ou entendu" l'avion se diriger sur lui.

Un contrôleur aérien stagiaire en cause dans l'accident ?
Une source travaillant à l'aéroport russe de Vnoukovo, où a eu lieu l'accident, a affirmé à l'AFP que le contrôleur aérien en charge du décollage de l'avion transportant le patron de Total était "une jeune fille qui avait été embauchée en août". Il s'agirait d'une "stagiaire" tout juste sortie de l'Ecole supérieure de l'Aviation d'Oulianovsk, selon les médias russes.

Quelles sont les autres victimes ?
Outre Christophe de Margerie, les trois membres d'équipage présents à bord du jet privé de la compagnie française Unijet ont également trouvé la mort dans l'accident : un hôtesse de l'air russe, un copilote et un pilote français. Ce dernier, Yann Pican, 45 ans, vivait à Senlis dans l'Oise, rapporte le Courrier Picard citant Oise Hebdo.

Le patron de Total était le seul passager à bord. "Il voyage parfois seul mais ce n'est pas une habitude. Lorsqu'il prend l'avion seul, il est accueilli à l'aéroport par le personnel de la filiale russe", précise-t-on du côté du groupe pétrolier.

La justice française peut-elle s'emparer du dossier ?
Tout dépend des personnes mises en cause et des faits reprochés. D'après l' article 689-7 du code de procédure pénale, les juridictions françaises peuvent poursuivre et juger "toute personne qui s'est rendue coupable, à l'aide d'un dispositif matériel, d'une substance ou d'une arme (...) d'actes illicites de violence dans les aéroports servant à l'aviation civile internationale". Reste à établir les responsabilités des employés de l'aéroport et du pilote dans cette affaire.

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