Mort de George Floyd : Jim Mattis, ex-secrétaire d'État à la Défense, attaque Trump et l'accuse de vouloir "diviser" les États-Unis

L'ancien général quatre étoiles des Marines Jim Mattis désavoue Donald Trump.
International

DÉSAVEU - Dans un réquisitoire lapidaire, l'ancien secrétaire américain à la Défense Jim Mattis accuse Donald Trump de chercher à "diviser" l'Amérique, en proie à une colère historique après la mort de George Floyd.

Il avait jusque-là pris soin de ne pas commenter directement le mandat de Donald Trump. Alors que l'Amérique connaît un déferlement de colère historique, après la mort de George Floyd, un Noir américain asphyxié par un policier blanc le lundi 25 mai lors de son arrestation à Minneapolis, l'ancien général des Marines Jim Mattis est sorti de son habituel réserve. L'ex-secrétaire à la Défense du milliardaire républicain qui avait démissionné pour protester contre la décision du locataire de la Maison Blanche de retirer des troupes américaines de Syrie, a accusé le président des États-Unis de tenter de "diviser" le pays. 

"De mon vivant, Donald Trump est le premier président qui n'essaye pas de rassembler les Américains, qui ne fait même pas semblant d'essayer", écrit-il dans une tribune choc mise en ligne mercredi 3 juin par la revue The Atlantic. "Au lieu de cela, il tente de nous diviser. (...) J'ai observé le déroulement des événements de cette semaine, en colère et consterné", poursuit Jim Mattis dans ce réquisitoire implacable, soutenant les manifestants qui demandent, selon lui "à raison", l'égalité des droits. "Nous assistons aux conséquences de trois années sans un dirigeant mature", affirme-t-il dans sa déclaration.

La réponse de Trump ne s'est pas faite attendre

Très silencieux sur sa réponse aux maux dénoncés par les manifestants, le candidat républicain à sa réélection en novembre prochain employé un ton martial et menacé de recourir à l'armée pour mater la rue, se présentant en "président de la loi et de l'ordre". "Nous ne devons pas nous laisser distraire par une poignée de hors-la-loi. Les manifestations, ce sont des dizaines de milliers de personnes de principes qui insistent pour que nous soyons à la hauteur de nos valeurs", estime Jim Mattis. "Nous devons rejeter et tenir pour responsables ceux qui, au pouvoir,  se moqueraient de notre Constitution", ajoute-t-il.

Face aux accusations portées par son ancien ministre de la Défense, conservateur pur jus, vénéré dans les troupes et très apprécié par l'ensemble du parti républicain, le président américain a violemment contre-attaqué sur Twitter. Il s'est déchaîné dans une série de tweets contre Jim Mattis, le qualifiant de "général le plus surestimé du monde" et "chien fou". "Je suis content qu'il soit parti !", a insisté Donald Trump. 

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Par ailleurs, un autre secrétaire de la Défense, Mark Esper, toujours en poste, a pris ses distances avec Donald Trump, avec qui il est en désaccord sur la stratégie à adopter face à la contestation dans la rue. Il s'est dit mercredi opposé à l'idée de déployer les soldats dans les grandes villes. "Je ne suis pas favorable au décret de l'état d'insurrection", qui permettrait au milliardaire républicain de déployer des soldats d'active face à des citoyens américains, et non des réservistes de la Garde nationale comme c'est actuellement le cas, a-t-il conclu. 

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