Mort de John McCain : Donald Trump n'a pas voulu du communiqué de la Maison Blanche

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AFFRONT – Le Washington Post rapporte que le président des Etats-Unis a préféré se contenter de publier un tweet pour rendre hommage au sénateur McCain, décédé ce samedi, plutôt qu'un communiqué officiel de la Maison Blanche. Les deux hommes cultivaient des relations notoirement exécrables.

Un adieu manque à l’appel. Alors que plusieurs personnalités politiques ont rendu hommage à John McCain, décédé samedi des suites d’un cancer du cerveau, la Maison Blanche est restée étrangement silencieuse. Et pour cause, d'après le Washington Post, Donald Trump se serait opposé à toute déclaration officielle. 


L’attachée de presse Sarah Huckabee Sanders, le chef d’état-major John F. Kelly et d’autres conseillers de la Maison Blanche avaient prévu une déclaration officielle qui saluerait la mémoire de l'ancien pilote. Ils voulaient notamment évoquer ses années d’emprisonnement et de tortures lors de la guerre du Vietnam et saluer son travail en tant que sénateur. La déclaration officielle avait été rédigée avant l’annonce de son décès, et son attachée de presse en avait terminé une version finale ce samedi. Alors que tout était prêt, il ne restait donc plus que l’accord du commander in chief

Mépris commun

Mais Donald Trump a freiné tout hommage. Selon le Washington Post, il aurait déclaré à ses assistants qu’il préférait une publication sur Twitter à la place. Le communiqué n’a donc jamais été publié. S’il est certain que le président des Etats-Unis a tendance à faire une bonne partie de ses déclarations via le réseau social, celle-ci a interpellé par sa sobriété : "Mes plus sincères condoléances et mon respect vont à la famille du sénateur John McCain. Nos cœurs et nos prières sont avec vous !"

Difficile de ne pas voir dans cette discrétion inaccoutumée la détestation qui persistait entre les deux hommes. Après sa désignation comme candidat républicain pour la Maison Blanche, Donald Trump avait fréquemment tancé l'ancien candidat McCain, qui incarnait le parti depuis des décennies et n'avait de cesse d'en critiquer les dérives droitières. En pleine campagne des primaires républicaines, en 2015, il s'en était pris au sénateur de l’Arizona, héros de guerre après avoir été détenu par le Viet-Cong. "J'aime les gens qui n'ont pas été capturés", avait-il alors déclaré. Un mépris que le sénateur lui rendait très bien. Figure de la vie politique depuis 1982, il n’avait pas soutenu le candidat à la présidentielle. Il avait même fait échouer la réforme de la santé voulue par Donald Trump, votant contre son propre camp.

"Vous vous attendez à plus d'un président américain"

Mais pour de nombreux républicains, le temps était au respect, malgré ces antécédents. Car pour une grande partie d’entre eux, McCain était un vrai héros de guerre et une grande figure politique. Un sentiment partagé jusque dans les soutiens de Trump. "C'est atroce", a ainsi commenté Mark Corallo, l’ancien porte-parole de son équipe juridique et stratège républicain de longue date. "A un moment comme celui-ci, vous vous attendez à plus d'un président américain", a-t-il ajouté, décrivant McCain comme un "véritable héros américain". 

Ainsi, la majorité des grandes figures politiques ont salué la mémoire de ce vétéran de guerre devenu sénateur. L’ancien président George W. Bush a rendu hommage à  "un homme de conviction profonde et un patriote de premier ordre". Même Barack Obama, son adversaire lors des élections de 2008, a salué un homme qui partageait sa "fidélité" à des "idéaux pour lesquels des générations d'américains et d'immigrés se sont battus". Ce sont d'ailleurs ces deux-là qui prononceront son éloge funèbre. Emmanuel Macron a lui aussi publié une déclaration similaire., saluant un "héros américain".

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