Mort de la journaliste Camille Lepage : la France enquête

Mort de la journaliste Camille Lepage : la France enquête
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CENTRAFRIQUE - Le corps de la photojournaliste française Camille Lepage a été découvert dans l'ouest de la Centrafrique, au cours d'un contrôle effectué par des forces françaises. Son "assassinat", selon l'Elysée, est pour l'instant inexpliqué.

Qu'est-il arrivé à la journaliste française Camille Lepage ? En annonçant mardi soir la mort en Centrafrique de cette photoreporter, l'Elysée a assuré que François Hollande voulait "tout mettre en œuvre" pour faire la lumière sur les circonstances de son "assassinat". A cette fin, le chef de l'Etat "a demandé l'envoi immédiat sur le site du drame d'une équipe française et de la police de la force africaine déployée en RCA". 

Le corps de la jeune femme de 26 ans, qui collaborait avec de nombreux journaux français et étrangers, notamment Le Monde et le New York Times, a été découvert à l’occasion d'un contrôle effectué par des militaires français sur un véhicule conduit par des anti-balaka, ces milices villageoises d'auto-défense. Selon Libération, qui cite l’état-major des armées, le corps de la journaliste se trouvait à l'intérieur d'un pick-up avec quatre autres corps inanimés.

Une journaliste sur les terrains de conflits

Ils se trouvaient alors dans la région de Bouar, une ville clé de l'ouest du pays située sur la route entre Bangui, la capitale, et le Cameroun. La semaine dernière, un violent accrochage avait opposé des militaires français à un groupe de rebelles lourdement armés, à quelque 200 kilomètres de Bouar. Plusieurs belligérants avaient été tués au terme d'âpres combats.

A 26 ans, Camille Lepage voulait exercer son métier au plus près des populations victimes de conflits et "la plupart du temps délaissées par leur gouvernement", écrivait-elle sur son site internet . Un choix qui l'avait amenée à résider au Soudan du Sud, théâtre d'un conflit particulièrement meurtrier ces dernières années. Elle était en Centrafrique depuis plusieurs semaines. Dans la dernière photo publiée sur son compte Instagram , la semaine dernière, la journaliste voyageait avec des anti-balaka.

Sa mort marque un nouvel épisode tragique dans un conflit meurtrier qui, suite aux représailles sanglantes perpétrées par les chrétiens de Bangui contre l'ex-coalition rebelle Séléka, elle-même auteur d'exactions, a entraîné la fuite de 90% de la population musulmane de la capitale. Plus de cinq mois après le lancement de Sangaris, l’opération française de pacification du pays, la situation sur place reste extrêmement tendue. Samedi, au moins treize personnes ont été brûlées vives dans une maison située dans la région de Kafa Bandoro, à l'est de Bouar, où elles avaient été rassemblées de force par des combattants présumés de l'ex-rébellion Séléka.

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