Mort de l'ex-agent russe Litvinenko : Londres autorise l’ouverture d'une enquête publique

Mort de l'ex-agent russe Litvinenko : Londres autorise l’ouverture d'une enquête publique

International
DirectLCI
ROYAUME-UNI – Sept ans après la mort de l'ex-agent secret russe Alexandre Litvinenko à Londres, une enquête publique va enfin s'ouvrir au Royaume-Uni. Une procédure à laquelle s'était toujours opposé le gouvernement britannique pour ne pas froisser les relations diplomatiques avec Moscou, mis en cause dans ce dossier.

Le combat de Marina Litvinenko récompensé. Sept ans après la mort de l'ancien agent russe Alexandre Litvinenko à Londres, une "enquête publique" va enfin être ouverte au Royaume-Uni. Le gouvernement britannique s'était pourtant jusqu'à présent opposé à une telle procédure qui permet, contrairement à l'enquête judiciaire déjà instruite sur ce dossier sensible, de permettre l'examen de documents secrets.

"J'espère vraiment que cette enquête offrira du réconfort à (la) veuve" d'Alexandre Litvinenko, a commenté la ministre britannique de l'Intérieur Theresa May en annonçant le lancement d'une telle instruction qui devrait permettre d'"identifier qui porte la responsabilité de la mort". Marina Litvinenko mène en effet depuis 2006 un combat pour faire toute la lumière sur la disparition particulièrement atroce de son mari, vraisemblablement empoisonné au polonium 210, une substance extrêmement radioactive.

Un lien avec le crash du MH17 ?

L'enquête judiciaire a déjà pointé la responsabilité de Moscou dans ce dossier tandis que l'avocate de Marina Litvinenko a apporté des éléments montrant que l'ancien agent russe travaillait pour le MI6, les services britanniques, au moment de sa mort. Mais les investigations se sont notamment heurtées jusqu'à présent au refus de la Russie d’extrader les deux hommes soupçonnés dans cette enquête : l'agent secret russe Andreï Lougovoï, devenu député, et l'homme d'affaires Dmitri Kovtoun. Face à ce coup d'arrêt, Marina Litvinenko avait réclamé en 2011 l'ouverture d'une enquête publique. Une demande régulièrement réitérée depuis.

Mais jusqu'alors, Londres s'était toujours refusé d'accéder à la requête de la veuve de l'ex-agent du FSB pour ménager ses relations diplomatiques avec Moscou, comme l'a reconnu Theresa May. Une période révolue donc à l'heure où une partie de la communauté internationale, notamment le Royaume-Uni, accentue la pression sur le Kremlin après le crash du vol MH17 en Ukraine.

Faut-il néanmoins voir dans l'ouverture d'une enquête publique une mesure répressive à l'égard du Kremlin ? Selon une source parlementaire, citée par la BBC, la concordance des deux événements ne serait que pure "coïncidence". L'accès aux pièces sensibles du dossier Litvinenko pourrait s’avérer cependant un peu plus compromettant pour Moscou. En revanche, l'enquête publique ouverte par Londres ne portera pas sur la responsabilité des autorités britanniques dans ce dossier, notamment le défaut de protection dont aurait été victime l'opposant russe, a d'ores et déjà précisé Theresa May.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter