Mossak Fonseca, le discret cabinet d’avocats par qui le scandale "Panama Papers" éclate

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ZOOM – Le cabinet d’avocats Mossak Fonseca, basé au Panama, est au cœur du scandale d’évasion fiscale "Panama Papers" révélé dimanche par Le Monde et ses partenaires du Consortium international des journalistes d'investigation. Fondé il y a une trentaine d’années, il a monté un système élaboré d’opacité fiscale.

Un discret cabinet d’avocats au cœur de la tempête. Installée dans le quartier d’affaires de Panama, la société Mossak Fonseca cultive d'ordinaire le secret dans ses bureaux situés dans un immeuble plutôt quelconque aux parois de verre. C’est pourtant ce cabinet qui est au centre du vaste scandale d'évasion fiscale mettant en cause des personnalités de premier plan dans le monde entier, selon les révélations du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ).

 Les fondateurs
Comme son nom l’indique, le cabinet Mossak Fonseca est l'œuvre de deux juristes, Juergen Mossak et Ramon Fonseca Mora, qui ont monté leur société il y a une trentaine d’années. Juergen Mossak est né en Allemagne en 1948. Il est le fils d’un ancien SS ayant émigré au Panama avec sa famille. Son associé, M. Fonseca est né en 1952. Comme Juergen Mossak, il a obtenu un diplôme de droit à Panama avant de poursuivre ses études à la prestigieuse London School of Economics. Dans un premier temps, les deux hommes ont ouvert un bureau aux Iles Vierges britanniques, autre paradis fiscal bien connu. Déjà mis en cause dans un scandale de corruption au Brésil, M. Fonseca a annoncé le mois dernier qu’il prenait un congé afin, a-t-il affirmé, de "défendre son honneur".

Un cabinet prolifique
Depuis sa fondation, ce cabinet a créé plus de 113.000 sociétés, dont la moitié était basées au Panama, révèle l’affaire "Panama Papers". D’autres étaient référencées dans les îles Vierges britanniques ou encore dans des pays de l'Océan pacifique qui ne brillent pas pour leur transparence en matière financière. Le cabinet Mossak Fonseca apparaît également dans un micro-Etat du Pacifique nommé Niue, en partie rattaché à la Nouvelle-Zélande. Une île dont l’essentiel du budget annuel était assuré par les revenus dégagés par le cabinet d’avocats. Autant d’implantations qui devaient servir notamment à brouiller les pistes dans le cadre de l’activité de la société.

 Des précédents
"Le secret est un droit humain sacré mais il y a des gens qui ne le comprennent pas. Nous croyons au secret et continuerons à œuvrer pour qu'il soit protégé juridiquement", a réagit auprès de Reuters Ramon Fonseca Mora, n'hésitant pas à qualifier de "crime" les révélations des "Panama Papers". Mais la firme, qui a essayé de se refaire une respectabilité sur internet en tentant d’effacer les références la liant à des pratiques frauduleuses, se retrouve de plus en plus dans l'œil du cyclone. Avant le scandale "Panama Papers" ainsi, Mossak Fonseca a été cité au Brésil dans le cadre du scandale de corruption du géant pétrolier étatique Petrobras, qui secoue le pays. Aux Etats-Unis, c’est un juge du Nevada qui a estimé que le cabinet avait tenté volontairement de masquer son rôle de gestion dans la branche locale de la société basée dans cet Etat américain.

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