MSF bombardé : Barack Obama présente ses excuses

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MEA CULPA - Le président américain a appelé mercredi 7 octobre la dirigeante de Médecins sans frontières après le bombardement d'un hôpital de l'organisme. Il s'est excusé et a présenté ses "condoléances" pour les 22 personnes mortes tuées à cette occasion. Sans vraiment convaincre l'ONG.

Médecins sans frontières devra s'en contenter. Pour l'instant. Mercredi 7 octobre, la présidente de l'organisme, Joanne Liu, a reçu l'appel de Barack Obama après le bombardement d'un hôpital géré par l'ONG à Kunduz (Afghanistan) par l'armée américaine, samedi 3 octobre. Le président américain s'est "excusé et a présenté ses condoléances", a rapporté le porte-parole de la Maison Blanche.

"Crime de guerre" pour MSF Mais il semble que les Etats-Unis n'aient pas l'intention d'aller plus loin. De quoi révulser Joanne Liu, qui multiplie les sorties depuis le drame, alors que Washington a annoncé la tenue d'une enquête militaire interne, tout comme l'Otan et l'armée afghane. "Crime de guerre", "attaque contre la Convention de Genève"... La patronne de MSF n'a pas de mots assez durs pour qualifier la bavure et craint ainsi que le procédé n'amène pas la plus grande transparence sur ses origines.

Côté américain, on soutient, par la voix de John Campbell, commandant en chef des 13.000 soldats déployés en Afghanistan, que la frappe américaine provenait d'une demande de l'Afghanistan. Laquelle aurait alors été mal interprétée par l'état-major américain.

MSF exige une enquête indépendante.

Citant le New York Times , Le Monde a rapporté l'interprétation de ce dernier : "Un bombardement est légitime pour éliminer des terroristes, protéger des soldats américains en difficulté et soutenir les troupes afghanes." Le bombardement de Kunduz, reconnaissait le général Campbell, "n'entrait très probablement dans aucune de ces catégories."

Peu convaincue, donc, l'ONG Médecins sans Frontières a écrit aux 76 pays qui ont ratifié la Convention de Genève pour qu'une enquête "indépendante" soit confiée à la Commission d’enquête internationale humanitaire (voir vidéo). Seul un pays a besoin d'en faire la demande pour que l'enquête soit ouverte. On saura alors si, comme le pense le président de MSF France, le bombardement n'était "pas une erreur".
 
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