"Muslim ban" : dans "L'Emission politique" Marine Le Pen reprend (à nouveau) l'intox d'une conseillère de Trump

"Muslim ban" : dans "L'Emission politique" Marine Le Pen reprend (à nouveau) l'intox d'une conseillère de Trump

EN FAIT, NON - Invitée ce jeudi de L'Emission politique sur France 2, Marine Le Pen a repris, comme ce mardi sur LCI, l'intox chère aux pro-Trump selon laquelle Barack Obama avait, en son temps, lui aussi appliqué le "Muslim Ban", en interdisant de territoire américain les ressortissants irakiens. Sauf que... c'est faux.

La France de Marine Le Pen ressemblerait-elle, en cas de victoire présidentielle de cette dernière, aux Etats-Unis de Donald Trump ? Après avoir vanté "le protectionnisme" porté par le président américain, alors que ce dernier avait sermonné Ford pour l'empêcher de délocaliser une usine, la candidate frontiste semble également inspirée par le "Muslim Ban", ce décret bloquant l'arrivée sur territoire américain des ressortissants de sept pays musulmans.

Interrogée sur le sujet lors de sa venue sur LCI mardi 7 février, puis par L'Emission politique jeudi 9 février, Marine Le Pen n'a pas non plus débordé d'enthousiasme à l'idée d'en copier le dispositif. "En l'état, non [...] dans un moment temporaire, bien sûr, on peut être amené éventuellement à prendre cette mesure. Ce n'est pas une mesure de principe, je le dis très clairement. Mais je ne suis pas d'accord avec le principe de rétroactivité [le Muslim Ban concerne des citoyens déjà installés aux Etats-Unis, ndlr]. Dans un Etat de droit, il n'y a pas de rétroactivité. C'est l'avocate, aussi,  qui vous parle."

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Le "Muslim Ban" de Donald Trump

Pas d'intox sur le massacre, mais...

Pas un grand élan d'enthousiasme, donc. Mais dans sa réponse, Marine Le Pen, ce mardi comme ce jeudi, a donné un argument très... trumpiste, selon lequel "Monsieur Obama avait fait [usage du même dispositif], pour l'Irak". En effet, ce "rappel" avait déjà été fait par Kellyanne Conway, conseillère du président, sur MSNBC, début février : "Je suis sûre que la plupart des gens ne savent pas que le président Obama avait ordonné une interdiction d'entrée des réfugiés irakiens pendant six mois après l'arrivée dans notre pays de deux Irakiens radicalisés qui ont organisé le massacre de Bowling Green, qui n'a pas été couvert par les médias."

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Une conseillère de Trump invente un massacre aux États-Unis

Moins de réfugiés, oui. Interdiction, non.

Si Marine Le Pen ne reprend pas l'intox du faux massacre par Kellyanne Conway, elle grossit beaucoup le trait en attribuant à Barack Obama la paternité d'une mesure équivalente au "Muslim Ban". Et comme le passé n'a pas changé entre ce mardi et ce jeudi, un rappel s'impose. Comme le rappelle le Washington Post, suite à l'arrestation des deux Irakiens, l'administration Obama a effectivement ordonné un réexamen du dossier des 58.000 Irakiens installés aux Etats-Unis. Et elle a également demandé à ce que les demandeurs de visa en provenance d'Irak soient davantage contrôlés.

Si la sévérité des contrôles étaient avérée, et que le nombre d'Irakiens à venir se réfugier aux Etats-Unis a été divisé par trois en 2011 par rapport à 2010, il n'a jamais été question de les interdire de territoire. Comme l'indique un membre de l'administration Obama dans Foreign Policy, "les réfugiés ont continué à être admis" aux Etats-Unis.

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Kellyanne Conway s'était déjà illustrée deux semaines auparavant, au moment de l'investiture de Donald Trump. Le porte-parole de la Maison Blanche, interrogé sur le nombre de spectateurs, avait alors affirmé : "C'était le plus grand public à jamais assister à une investiture, un point c'est tout", suscitant diverses moqueries.

Kellyanne Conway avait alors volé au secours du porte-parole face à un journaliste de la chaîne NBC, qui relevait ce mensonge."Vous dites des choses fausses. Et notre porte-parole, Sean Spicer, a donné des faits alternatifs", avait-elle alors affirmé. 

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