Mystères autour du Boeing 777 disparu au large du Vietnam

Mystères autour du Boeing 777 disparu au large du Vietnam

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CATASTROPHE AERIENNE - Attentat, collision, détournement ou panne ? La disparation du vol Malaysia Airlines reste un mystère. 239 personnes manquent à l'appel, dont quatre Français et deux passagers qui voyageaient apparemment sous une fausse identité.

Bientôt vingt-quatre heures après la disparition d'un avion de la compagnie Malaysia Airlines en mer de Chine méridionale, les autorités n'ont aucune idée de ce qui a pu se passer et pas la moindre trace de ce Boeing 777, à l'exception peut-être de deux traînées de carburants au large des côtes vietnamiennes.

Seul petit indice : des traces de kérosène

"Deux de nos avions ont détecté des traînées de carburant d'une longueur d'environ 15 à 20 kilomètres, en parallèle et à environ 500 mètres l'une de l'autre", a annoncé le général Vo Van Tuan, adjoint au chef d'état-major de l'armée vietnamienne, sans certitude aucune quant à leur origine. Des navires fouillent le secteur, mais les recherches aériennes ont dû être interrompues pour la nuit. Dès le lever du jour, des avions américains vont participer aux opérations, a indiqué le Premier ministre malaisien Najib Razak.

La Chine a ordonné à ses navires de patrouille de se rendre sur zone, où ont afflué toute la journée des bateaux vietnamiens, malaisiens et philippins, pour l'heure tout à fait en vain. Le temps devient dramatiquement long. Quoi qu'il ait pu arriver à cet appareil qui embarquait 227 passagers et 12 personnels volants, l'espoir de retrouver des rescapés est plus que ténu. Les secours disposent d'une fenêtre de tir d'environ 24 heures, estime l'expert aéronautique Gerry Soejatman : "Vous ne pouvez pas supposer qu'il n'y a pas de survivants, et s'il y en a, il est crucial qu'ils soient récupérés en moins d'une journée, ou leur chance de survie se réduit de façon importante".

Le manque d'information ulcère les familles

"Nous espérons que tous les passagers sont saufs. Nous faisons tout notre possible pour obtenir plus de détails", a déclaré le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, tandis que dans un hôtel de Pékin, les familles de quelques-uns des 153 passagers chinois oscillaient entre angoisse et colère, faute d'information. Depuis, la compagnie malaisienne a communiqué le manifeste du vol , soit les noms des passagers, de quatorze nationalités, dont quatre Français, notamment une mère et ses deux enfants qui regagnaient leur résidence en Chine.

A l'aéroport international de Kuala Lumpur aussi, des proches de passagers attendent dans une cruelle incertitude. Si l'espoir est infime, il reste permis tant qu'aucune hypothèse n'est avancée, or seule la disparition de l'avion est avérée. Et encore, les autorités aéroportuaires ne disposent pas même d'un enregistrement radar attestant de ce fait. Une heure après son décollage, le vol MH370 qui assurait la liaison entre les capitales malaisienne et chinoise se trouvait en effet dans une zone que les aiguilleurs du ciel ne couvrent que par échanges radio.

Silence radio absolu

A 1h30 locale, dans la nuit de vendredi à samedi, le pilote qui était employé par la compagnie depuis plus de trente ans aurait dû donner signe de vie à un centre de contrôle aérien vietnamien pour confirmer que sa position était conforme au plan de vol. Le silence radio fut total. En l'absence de tout contact avec l'équipage, rien ne suggère une situation de détresse, a priori pas même les dispositifs s'enclenchant automatiquement en cas de défaillances techniques. Malaysia Airlines devra le confirmer.

A ce stade de l'enquête, à laquelle la ministre française des Transports a proposé le renfort du Bureau d'enquêtes et d'analyses du Bourget, qui a connu pareille situation en 2009 après l'accident du vol Rio-Paris AF447, aucune hypothèse n'est écartée, mais elles semblent tomber une à une. Celle d'une collision aérienne est improbable dans la mesure où aucun autre appareil ne manque à l'appel, à moins éventuellement d'un avion militaire qui n'aurait pas été signalé. Celle du détournement n'a plus cours depuis de nombreuses heures, la réserve de carburant ayant été épuisée sans qu'aucun aéroport accueille l'avion disparu. A moins, là aussi, d'un improbable secret. Reste la thèse d'un acte terroriste.

Des usurpateurs à bord ?

Interrogé sur la question, le Premier ministre malaisien ne l'a pas écarté, mais reste circonspect. "Toutes les possibilités"sont étudiées, a-t-il dit, mais il est trop tôt pour spéculer".

Nouvel élément qui peut-être accrédite cette piste : selon le ministère des Affaires étrangères autrichien, il se pourrait qu'au moins un passager ait voyagé sous une fausse identité. Le dénommé Christian Kozel, théoriquement à bord, est en Autriche. Il se trouve qu'on lui avait volé son passeport il y a deux ans en Thaïlande. De même, rapporte l'agence italienne Ansa, Luigi Maraldi qui figure sur la liste des passagers a pris contact avec son père dans la journée pour le rassurer. Lui s'était fait voler ses papiers d'identité il y a quelques mois en Malaisie.

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