Nagorny Karabakh : un cessez-le-feu qui peine à faire taire les armes

Avant cette reprise généralisée du conflit au Nagorny Karabakh, Azerbaïdjan et l'Arménie se sont déjà affrontés dans des heurts lors des années précédentes. Ici une photo prise en 2010.
International

GUERRE - Se disputant par les armes la région séparatiste du Nagorny Karabakh, Azerbaïdjan et Arménie se sont accordés ce samedi sur un cessez-le-feu... avant de s'accuser mutuellement de le violer.

Vers un apaisement des tensions ? L'heure est à l'optimisme modéré en Nagorny Karabakh après l'accord de cessez-le-feu. Les deux puissances impliquées - Azerbaïdjan et Arménie - ont décidé de revenir, au moins provisoirement, sur une trajectoire de résolution pacifique du conflit. "Un cessez-le-feu est annoncé à partir de 12 heures 00 minutes le 10 octobre 2020 [10h heure française, ndlr] dans des buts humanitaires", a ainsi précisé le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, la Russie ayant joué un rôle absolument essentiel de médiation dans les négociations.

Après plus de deux semaines de combats acharnés et meurtriers, les deux protagonistes vont pouvoir "échanger des prisonniers de guerre, d'autres personnes et les corps des tués avec la médiation et en accord avec les critères du Comité de la Croix-Rouge". Les deux pays opposés dans ce conflit frontalier au Nagorny Karabakh se sont, par la même occasion, engagés à ouvrir des "négociations substantielles pour parvenir rapidement à un règlement pacifique" du conflit. 

Mais il n'aura fallu que quelques minutes pour que l'Arménie et l'Azerbaïdjan s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu censé être entré en vigueur.

Vers un retour à la paix ?

Il faut dire que l'obtention de cet accord bilatéral ressemblait à un véritable coup de force après plus de 10 heures de négociations intenses, les deux Etats campant jusque-là sur leurs positions respectives. Les deux parties étaient ainsi restées sourdes aux appels de la communauté internationale à l'apaisement, Bakou multipliant notamment les ultimatums à l'encontre de l'Arménie pour un retrait de ses troupes. Ce cessez-le-feu fait naître un véritable, bien que pour l'instant encore fragile, espoir de mettre fin à une opposition aussi sanglante que complexe. 

Le Nagorny Karabakh est une région séparatiste essentiellement peuplée d'Arméniens. Une première guerre entre 1988 et 1994 y avait fait 30.000 morts et des centaines de milliers de réfugiés. Malgré des heurts récurrents, la situation dans la région s'était relativement apaisée. Le 27 septembre dernier, Erevan a apporté son soutien aux séparatistes arméniens de ce territoire convoité, déclenchant la colère de l'Azerbaïdjan. Ce dernier a alors martelé que seul un retrait des troupes ennemies mettrait fin aux combats. Depuis la reprise des affrontements, le bilan officiel humain - à cette heure encore très partiel - est monté à plus de 400 morts, dont 22 civils arméniens et 31 azerbaïdjanais. Dernièrement, certaines zones urbaines ont été largement bombardées, une emblématique cathédrale arménienne ayant notamment été touchée deux fois.

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La position turque dans ce conflit reste pour le moins ambiguë. De nombreux observateurs l'accusent d'un soutien humain et matériel à l'Azerbaïdjan. Des allégations catégoriquement niées par Ankara.

Quelques heures avant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, le ministère de la Défense azerbaïdjanais a indiqué dans un communiqué cité par l'AFP que l'Arménie "bombarde intensivement" des zones habitées. "Les forces armées arméniennes bombardent intensivement des zones peuplées (...) L'Azerbaïdjan prend des mesures réciproques", a indiqué le ministère. Quelques minutes après l'heure officielle, Bakou a accusé l'Arménie de "violation flagrante" du cessez-le-feu dans un contexte où Paris a appelé au strict respect de l'accord pour "créer les conditions d'une cessation permanente des hostilités entre les deux pays". Erevan a de son côté fustigé un "mensonge" de l'Azerbaïdjan tout en se désolant d'une attaque à 12h05, soit quelques minutes après l'accord de cessez-le-feu. 

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