Naufrage de migrants : après la lettre de Boris Johnson, la crise couve entre Paris et Londres

Naufrage de migrants : après la lettre de Boris Johnson, la crise couve entre Paris et Londres

DIPLOMATIE - En réaction à la lettre de la discorde de Boris Johnson, qualifiée d'"indigente sur le fond et totalement déplacée sur la forme" par la France, Paris a annulé la venue de la ministre britannique de l'Intérieur Priti Patel à la réunion, prévue dimanche à Calais, sur la question migratoire.

Avis de grand froid entre la France et le Royaume-Uni. Après le choc face à la pire tragédie migratoire survenue dans la Manche, où 27 personnes ont perdu la vie dans le naufrage de leur embarcation, Paris et Londres semblaient vouloir surmonter leurs désaccords. Du moins, jusqu'à la lettre ouverte de Boris Johnson à Emmanuel Macron. Dans un courrier, adressé au président de la République et qu'il a publié sur son compte Twitter jeudi 25 novembre, le Premier ministre britannique a demandé à la France de reprendre les migrants arrivés illégalement sur le territoire britannique depuis les côtes françaises.

"Je propose que nous mettions en place un accord bilatéral de réadmission pour permettre le retour de tous les migrants illégaux qui traversent la Manche", a-t-il indiqué, évoquant des accords similaires conclus par l'UE avec la Biélorussie ou la Russie. Une telle mesure "aurait une telle mesure "aurait un effet immédiat et réduirait considérablement - voire arrêterait - les traversées"

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Crise des migrants : naufrage meurtrier au large de Calais

"Je suis surpris des méthodes quand elles ne sont pas sérieuses", a réagi le président français Emmanuel Macron, vendredi 26 novembre, dans la matinée, depuis Rome, où il est actuellement en visite. "On ne communique pas d'un dirigeant à l'autre sur ces questions-là par tweets et par lettres qu'on rend publiques, nous ne sommes pas des lanceurs d'alerte. Allons, allons..."

Une lettre de Boris Johnson "indigente et déplacée"

Une lettre jugée "indigente sur le fond et totalement déplacée sur la forme" par le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, invité sur BFMTV, vendredi 26 novembre. "Elle ne respecte pas tout le travail qui est fait par nos gardes-côtes, par nos policiers, par nos gendarmes et nos sauveteurs qui, au quotidien, se mobilisent", a-t-il estimé, tout en rappelant que 7800 migrants avaient été sauvés de la noyade dans le bras de mer entre la France et le Royaume-Uni depuis le début de l'année.

Cette lettre "propose cet accord de 'relocalisation', ce n'est évidemment pas ce dont on a besoin pour régler ce problème", a-t-il ajouté. "Ce dont on aurait besoin, c'est que les Britanniques nous envoient des officiers de protection pour examiner les demandes d'asile qui les concernent depuis le territoire français." Il a aussi fait valoir que la teneur du courrier "ne correspond pas du tout aux échanges que Boris Johnson a eus avec (Emmanuel Macron), encore mercredi soir au téléphone"

"Il y en a marre des doubles discours et de l'externalisation permanente des problèmes" par le Royaume-Uni, a lâché Gabriel Attal. "C'est à se demander si Boris Johnson ne regrette pas d'avoir quitté l'Europe, parce que dès qu'il a un problème il considère que c'est à l'Europe de le gérer !", a-t-il insisté. Mais "ça ne fonctionne pas comme ça : ça fonctionne en coopération".

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Une réunion à Calais, "sans les Britanniques"

Plus tôt dans la matinée, Gérald Darmanin avait réagi sans attendre. La réunion intergouvernementale, organisée dimanche à Calais et consacrée à la crise des migrants, est "maintenue", mais "sans les Britanniques", a annoncé le ministère de l'Intérieur. Priti Patel, la ministre de l'Intérieur britannique, n'est ainsi plus conviée aux échanges sur la question migratoire. "Nous considérons la lettre publique du Premier ministre britannique inadmissible et contraire à nos discussions entre homologues", a avancé Beauvau pour justifier cette désinvitation, que Londres a depuis demandé à Paris de rétablir.

"Le problème dépasse nos frontières. C'est pourquoi nous allons travailler à des solutions communes (...) avec nos partenaires européens", a ajouté l'entourage du ministre. "Le gouvernement britannique choisit de faire de la politique intérieure à un moment où notre seule priorité devrait être d'éviter de nouveaux drames dans la Manche. Nous le regrettons. (...) "L'obsession britannique de renvoyer les migrants en France ne doit pas faire perdre de vue le fait que c'est parce qu'ils n'ont pratiquement plus aucune voie légale pour se rendre au Royaume-uni que ces hommes et ces femmes tentent cette dangereuse traversée". 

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