Naufragé du Pacifique : et si c'était vrai?

Naufragé du Pacifique : et si c'était vrai?

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RECIT – Le naufragé qui affirme avoir dérivé pendant plus d'un an dans le Pacifique se préparait mercredi à quitter les îles Marshall pour rentrer chez lui, alors que les doutes sur la véracité de son récit demeurent. Une version contredite par les déclarations de ses proches.

Près d'une semaine après son naufrage dans les îles Marshall , le mystère José Salvador Alvarenga se dissipe peu à peu. Ce rescapé qui affirme avoir dérivé pendant plus d'un an dans le Pacifique s'est en effet livré à quelques confessions. Et, si les spécialistes doutent toujours de la véracité de son récit, son entourage l'assure : il s'agit bien de "La Chancha", leur ami disparu fin 2012.

"Je ne voulais pas mourir de faim", a raconté mardi cet homme de 37 ans, actuellement hospitalisé à Majuro, capitale des îles Marshall, cet archipel du Pacifique sud. "Il y a eu des moments où j'ai pensé me suicider, mais j'avais peur de le faire", a-t-il assuré, cheveux décolorés par le soleil et barbe hirsute. Affamé, il confie avoir plus d'une fois rêvé de ses plats favoris. "Mon rêve depuis un an est de manger une tortilla (galette à base de maïs, spécialité de la cuisine mexicaine), du poulet et plein d'autres choses". Pourtant, la condition physique de José surprend, après plusieurs mois d'errance sur l'océan.

"Il n'y a pas de doute, c'est bien lui"

Car cet homme solidement bâti paraissait dans une forme physique étonnamment bonne à son arrivée à Majuro, cinq jours après avoir mis pied à terre sur l'atoll reculé d'Ebon. En effet, il ne semblait pas avoir les lèvres gercées, la peau brûlée ou présenter d'autres signes d'une forte exposition aux éléments. Des spécialistes de la survie en mer ont ainsi exprimé leurs doutes sur cette odyssée. Parmi eux, le Dr Jean-Yves Chauve, médecin français des courses au large, s'est interrogé sur sa faculté à résister de la sorte durant 13 mois. Hilmar Snorrason, président de l'IASST, une association internationale pour la sécurité et la survie qui a son siège à Southampton au Royaume-Uni, lui accorde au moins "le bénéfice du doute".

Malgré tout, si la chronologie de sa longue errance dans le Pacifique a pu paraître contradictoire et incomplète au gré des interviews qu'il a accordées à la presse, les autorités au Mexique ont confirmé avoir lancé à l'époque une opération de recherche en mer. Selon Guillermino Rodriguez, son patron, le Salvadorien avait effectivement quitté la côte le 20 novembre 2012, et non pas le 24 décembre comme indiqué dans un premier temps par le naufragé.

Malgré tout, si la chronologie de sa longue errance dans le Pacifique a pu paraître contradictoire et incomplète au gré des interviews qu'il a accordées à la presse, les autorités au Mexique ont confirmé avoir lancé à l'époque une opération de recherche en mer. Selon Guillermino Rodriguez, son patron, le Salvadorien avait effectivement quitté la côte le 20 novembre 2012, et non pas le 24 décembre comme indiqué dans un premier temps par le naufragé. Le patron-pêcheur l'assure, il a communiqué avec lui "une fois par radio" avant le brusque changement des conditions climatiques. "Nous sommes surpris, mais maintenant que je le vois à la télévision, il n'y a pas de doute, c'est bien lui", dit William Uscanga, un autre pêcheur. Et le fils de Guillermo d'ajouter: "C'est bien lui, mec, c'est La Chancha, on ne peut pas se tromper".

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