Navire Mistral : l'ultimatum de Moscou fait réagir

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PRESSION - La France a jusqu'à fin novembre pour livrer un premier navire de guerre Mistral à la Russie, si elle ne veut pas s'exposer à de "sérieuses" demandes de compensation, a déclaré vendredi une source russe "haut placée" citée par l'agence Ria Novosti.

Un ultimatum qui est mal passé. La France a jusqu'à fin novembre pour livrer un premier navire de guerre Mistral à la Russie si elle ne veut pas s'exposer à de "sérieuses" demandes de compensation, a déclaré vendredi une source russe "haut placée" citée par l'agence Ria Novosti. "Nous nous préparons à différents scénarios. Nous attendrons jusqu'à la fin du mois (la livraison du 1er Mistral, ndlr), et ensuite nous présenterons nos sérieuses réclamations" financières, a déclaré cette source.

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Si elle se décide à livrer ces bâtiments, véritables "couteaux suisses" de la marine en raison de leur polyvalence (ils peuvent emporter 16 hélicoptères, quatre chalands de débarquement, 13 chars, un état-major, 450 fantassins et un hôpital), la France est assurée de semer l'émoi en Pologne et dans les pays Baltes, qui s'estiment en première ligne face à la Russie et redoutent de faire à leur tour les frais de son imprévisibilité. A l'inverse, une annulation risque de placer la France dans la difficile position du partenaire qui n'honore pas ses contrats. Et une telle décision coûterait chère en pénalités à la France alors que ses finances sont dans le rouge.

Des réactions mitigées en France

"Monsieur Poutine non seulement veut fixer des ultimatums vis-à-vis de Kiev et de l'Ukraine, mais à la France", s'est énervé le premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis sur Europe 1 . Ce n'est pas comme cela que ça marche, M. Poutine, la France est un pays indépendant qui décide ce qu'elle fait de la livraison ou pas des Mistral. Si il y a une avancée démocratique et une paix en Ukraine, on peut voir."

Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne, a réagit dans un communiqué : "A la veille du G20, et alors que la Russie demande à juste titre à la France d'honorer ses engagements, j'appelle François Hollande à revenir sur sa position. Cet acte irresponsable décrédibilise fortement notre pays sur la scène mondiale (...) Cet alignement permanent du gouvernement socialiste sur les positions américaines et allemandes abaisse considérablement la France (...) Par ailleurs, ce contrat d'1,2 milliard d'euros est vital pour la France dans ce contexte général de crise économique.”

Henri Guaino, député des Yvelines à quant à lui donné raison à la Russie : "La France a pris des engagements, elle a signé des contrats. Il est normal qu'elle livre. Si elle ne respecte pas sa parole sur ce marché, que vont en penser tous les autres ? Que vaudra la parole de la France? (...) Il s'agit du respect des engagements du respect de la parole donnée. Il est quand même bien normal que celui qui n'est pas livré demande des compensations financières, qui vont coûter très, très cher (...) Ca va surtout coûter très cher en matière de crédibilité de la parole de la France."
 

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