Navires : Mistral perdant pour la Russie.... et la France ?

Navires : Mistral perdant pour la Russie.... et la France ?

CONTRAT - La France a reporté mardi "jusqu'à nouvel ordre" au vu de la dégradation du dossier ukrainien la livraison du premier navire militaire Mistral commandé par Moscou. Une décision qui pourrait coûter très cher.

"C'est stratégique pour la France. Jamais je ne laisserai fermer le chantier." En ce jour de juillet 2010, Nicolas Sarkozy ne cache pas sa fierté : seul, micro en main au pied d'un impressionnant navire militaire, le chef de l’Etat confirme aux ouvriers la construction de deux navires Mistral pour la Russie. Un contrat en or, synonyme d’emplois, devenu quatre ans plus tard une épine dans le pied de l’Elysée. La France a en effet reporté ce mardi "jusqu'à nouvel ordre" la livraison du premier navire militaire, faisant fi de lourdes conséquences.

Un milliard d'euros d'amende pour la France ?

Selon les syndicats, une annulation du contrat mettrait en péril plusieurs centaines d'emplois sur les chantiers de Saint-Nazaire et chez ses sous-traitants. Un secteur qui avait accueilli avec soulagement le contrat, lequel avait garanti 1 000 emplois pendant quatre ans. En outre, le groupe public d'armement naval (DCNS) devrait alors rembourser le montant déjà payé, soit les trois quarts du 1,2 milliard d'euros prévus.

A cela s'ajouteraient des pénalités, qui pourraient atteindre le milliard d'euros selon Le Monde, un montant non confirmé. Moscou a d’ailleurs évoqué ce mardi l’éventualité d’une action en justice : si la France "ne nous livre pas (le navire), nous allons faire un procès" et lui réclamer une amende "conformément au contrat", a averti un vice-ministre russe de la Défense, Iouri Borissov. "Le contrat prévoit une possibilité de prolongation des délais de livraison pour trois mois, à savoir jusqu'à la mi-février", a néanmoins relevé à Moscou une source haut placée au ministère russe de la Défense, laissant entrevoir la possibilité d’un accord à l’amiable.

L’imbroglio diplomatico-militaire dans lequel se trouve François Hollande laisse peu d’espoir. Le chef de l'État français a répété à plusieurs reprises ces dernières semaines que le cessez-le-feu prévu dans l'accord signé à Minsk le 5 septembre devait être "entièrement respecté" en Ukraine avant que Paris ne procède à la livraison du Vladivostok. Or la situation sur le terrain, dans l'est de l'Ukraine, s'est de nouveau dégradée. "Les conditions d'une livraison ne sont pas réunies", a réaffirmé mardi le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius.

La France dans le rôle du mauvais partenaire

Outre le coût financier potentiel, l'annulation de la livraison des navires risque de placer la France dans la difficile position du partenaire qui n'honore pas ses contrats. A l'inverse, la remise à la Russie du navire est assurée de susciter l'émoi au sein de l'Otan, notamment en Pologne et dans les pays baltes, qui s'estiment en première ligne face à la Russie et redoutent de faire à leur tour les frais de son imprévisibilité. Le dilemme fait également débat en France. La position du président y est critiquée par l'extrême droite et les communistes, favorables à une livraison tout comme Nicolas Sarkozy. Au contraire d'Alain Juppé (opposition), ex-chef de la diplomatie française, qui soutient François Hollande en jugeant l'attitude de la Russie en Ukraine "pas acceptable".

EN SAVOIR + >> Navire Mistral : l'ultimatum de Moscou fait réagir

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