Etats-Unis : le gourou de la secte d'esclaves sexuelles NXIVM reconnu coupable

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JUSTICE - Keith Raniere, 58 ans, gourou américain, a été reconnu coupable mercredi à New York (Etats-Unis) de "trafic sexuel, extorsion, association de malfaiteurs, menaces, ainsi que corruption de mineur". Il risque désormais la réclusion criminelle à perpétuité et devrait connaître sa peine le 25 septembre.

Dès l'énoncé du jugement, son avocat a annoncé son intention de faire appel. Mercredi, le gourou américain Keith Raniere a été déclaré coupable par le jury d'un tribunal fédéral de Brooklyn de tous les chefs d'accusation liés à un réseau d'influence qui lui permettait d'entretenir un harem d'esclaves sexuelles.Cet homme de 58 ans était poursuivi pour trafic sexuel, extorsion, association de malfaiteurs, menaces, ainsi que corruption de mineur. Il risque désormais la réclusion criminelle à perpétuité et devrait connaître sa peine le 25 septembre. 


Ces pratiques étaient dissimulées derrière une organisation baptisée Nxivm (prononcer Nexium), fondée en 2003 à Albany, capitale de l'Etat de New York, et dont le but officiel était de dispenser des formations pour un meilleur accomplissement personnel. Dès les débuts, ce personnage charismatique à la longue chevelure a entretenu un cercle de 15 à 20 femmes sous influence avec lesquelles il avait des relations sexuelles à son gré. L'une d'entre elle était âgée de 15 ans seulement.

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La comédienne Allison Mack au coeur d'une secte sexuelle

Six personnes étaient initialement poursuivies par la justice, mais les cinq co-accusées de Keith Raniere ont, l'une après l'autre, plaidé coupable et évité le procès. Une seule d'entre elle a finalement témoigné durant le procès. Attendues comme de possibles attractions de la procédure, l'actrice Allison Mack et l'héritière de l'empire Seagram, Clare Bronfman, qui avaient plaidé coupable, n'ont finalement pas témoigné. 

"Grandmaster", un de ses surnoms

En 2015, Raniere avait créé une seconde organisation parallèle pyramidale, baptisée DOS, qui comprenait des "esclaves" et des "maîtres". Tous les membres étaient des femmes avec, au sommet de la pyramide, le gourou lui-même. Les "esclaves" étaient notamment obligés d'avoir des rapports sexuels avec Keith Raniere, à la seule discrétion du "Grandmaster", un autre de ses surnoms.


Avant d'être acceptées comme esclaves, les femmes devaient fournir des "garanties", c'est-à-dire divers éléments potentiellement compromettants pour elles, photos, lettres, ou documents, que l'organisation se réservait le droit de rendre publics si elles quittaient DOS.


Certaines devaient aussi subir un "marquage", qui consistait à tracer sur la peau des lettres, souvent les initiales de Keith Raniere, à l'aide d'un stylo à cautériser, qui brûlait les chairs.

"Manipulateur", "escroc" et chef de bande criminelle"

"Ce procès a montré que Raniere, qui se présentait comme un savant et un génie, était en réalité un maître de la manipulation, un escroc et un chef de bande criminelle", a déclaré le procureur fédéral de Brooklyn, Richard Donoghue, après le verdict.

"Ses crimes et ceux de ses complices ont détruit des mariages, des carrières, des patrimoines et des vies", a-t-il poursuivi.

Lors d'un procès de six semaines, l'accusation a dépeint Keith Raniere en manipulateur, usant de ressorts psychologiques classiques pour maintenir ses ouailles sous influence.


La défense a elle tenté de faire la distinction entre moralité et légalité quant au comportement de Keith Raniere.

Le principal avocat du gourou, Marc Agnifilo, a concédé que les moeurs de Keith Raniere pouvaient apparaître plus que douteuses aux membres du jury, mais rappelé que cela n'en faisait pas pour autant un criminel. Celui qui se faisait appeler "Vanguard" a toujours affirmé que les relations sexuelles avec les membres de la secte étaient consenties. 

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