Bombardement d'un camp de réfugiés au Nigeria : le bilan s'alourdit à 90 morts

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MAUVAISE CIBLE - Un avion de l'armée de l'air a bombardé accidentellement, à deux reprises, un camp de déplacés dans le nord-est du Nigeria faisant au moins 90 morts, selon Médecins sans Frontières.

"Une attaque choquante et inacceptable", c'est en ces termes que Médecins sans Frontières a condamné mardi 17 janvier la double frappe aérienne qui a touché un camp de déplacés dans le nord-est du Nigeria faisant au moins 90 morts et 120 blessés, en majorité des femmes et des enfants. Ce bilan pourrait encore s'alourdir. Plusieurs "rapports concordants" émanant de résidents et de dirigeants des communautés font état de 170 tués, a expliqué MSF.

La première bombe est tombée à 12h35 à quelques mètres seulement du bureau de la Croix-Rouge. Cinq minutes plus tard, l’avion a fait une seconde rotation et a lâché une deuxième bombe. Alfred Davies, coordinateur terrain pour MSF au Nigeria

MSF précise que ses équipes "tentent de fournir des premiers secours d'urgence" aux blessés, demandant aux autorités "de mettre en place toutes les mesures possibles" afin de faciliter les évacuations d'urgence. "Nos équipes médicales et chirurgicales au Cameroun et au Tchad sont prêtes à traiter les blessés. Nous sommes en contact étroit avec nos équipes sur 

place, qui sont en état de choc".

Bombardé par erreur

Six employés de la Croix-Rouge nigériane ont également été tués dans ce qu'on pourrait appeler une "bavure". Selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), un avion de l'armée de l'air a bombardé par erreur ce camp au lieu de frapper dans une localité voisine où Boko Haram a déplacé sa base.

 "J'ai ordonné à l'aviation d'intervenir pour résoudre le problème. La frappe a été menée, mais malheureusement il s'est avéré que des habitants ont été touchés", a affirmé le général Lucky Irabor, qui commande les opérations militaires contre le groupe djihadiste Boko Haram.


Le président nigérian Muhammadu Buhari a déclaré dans un communiqué qu'il avait appris avec "une profonde tristesse" ce bombardement qu'il qualifie de "regrettable erreur opérationnelle", tout en appelant les populations au calme. Le Nigeria a ouvert une enquête jeudi pour déterminer les circonstances de ce bombardement accidentel.

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