Nigeria : des centaines de morts dans un nouveau massacre de Boko Haram

Nigeria : des centaines de morts dans un nouveau massacre de Boko Haram

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AFRIQUE - Le groupe islamiste Boko Haram, déjà montré du doigt dans le monde entier pour l'enlèvement de 200 lycéennes, a tué des centaines de civils lors d'une attaque dans le nord-est du Nigeria.

Boko Haram a basculé dans une spirale meurtrière. Le groupe islamiste, qui sévit au Nigeria où il a revendiqué lundi le rapt d'environ 200 lycéennes , a détruit le même jour une ville du nord-est du pays. Bilan : environ 300 morts, selon un sénateur local. Des témoins ont eux compté plus de 100 cadavres dans la localité dévastée et prévenu que le bilan risquait de s'alourdir.

Les assaillants sont arrivés dans la ville de Gamboru Ngala en pleine journée, à bord de véhicules blindés et de vans peints aux couleurs de la police et de l'armée. Le marché, le bureau des douanes, le commissariat de police et presque tous les magasins... la quasi-intégralité de la ville a été brûlée par les islamistes. "Ils ont pris le contrôle de la ville entière", a rapporté un témoin, puis "ils ont fait du porte-à-porte et ils ont abattu les gens qui n'ont pas pu fuir à temps".

"Boko Haram s'en prend à des villages tout entiers"

L'insurrection menée par Boko Haram, qui dure depuis cinq ans, a fait des milliers de morts au Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique et première économie du continent. Les violences sont surtout concentrées dans le Nord-Est, où l'armée mène une opération de grande envergure, depuis un an, pour tenter de mettre fin à l'insurrection. Mais le recours de l'armée à des milices privées, constituées de civils, dans sa lutte contre les islamistes, n'est pas sans conséquences : il a poussé Boko Haram à se retourner contre les populations locales.

Dorénavant, "Boko Haram s'en prend à des villages tout entiers (...) massacrant parfois jusqu'à 200 à 300 villageois, hommes et femmes" pour se venger de la complicité des civils avec l'armée, selon le chercheur français Marc-Antoine Pérouse de Montclos. Les deux attentats qui ont frappé récemment la même gare routière en périphérie d'Abuja, à moins de trois semaines d'intervalle, faisant 90 morts, rappellent la menace sérieuse que fait planer Boko Haram sur le pays tout entier.

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