Nigeria : une base de l'ONU attaquée par des djihadistes

Un véhicule appartenant à l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest, ici à Baga au Nigeria en 2019. (Photo d'illustration)

ATTAQUE ISLAMISTE - La ville de Dikwa a été la cible d'une attaque de djihadistes qui tentaient de pénétrer dans un espace sécurisé où sont réfugiés des travailleurs humanitaires.

Des combattants du groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap) ont attaqué lundi un camp militaire et une base de l'ONU dans la ville de Dikwa et ont tenté dans la soirée de pénétrer dans un espace sécurisé où se sont réfugiés 25 travailleurs humanitaires, selon des sources sécuritaire et humanitaire.

25 employés réfugiés dans un bunker

"Les terroristes de l'Iswap ont lancé une attaque simultanée sur un super camp (base militaire) et sur une base humanitaire de l'ONU", selon la source militaire. "La base des humanitaires a été incendiée par les combattants, mais jusqu'ici aucun employé n'a été touché", a déclaré la source humanitaire. "Nous avons 25 employés qui ont trouvé refuge dans un bunker, que les insurgés tentent actuellement d'envahir", a-t-elle précisé, confirmant des informations du responsable de l'armée. 

Des renforts militaires basés dans la ville de Marte, à 40 kilomètres, ont été dépêchés sur place pour aider à repousser les djihadistes, a précisé la source humanitaire. "Deux avions et un hélicoptère apportent un soutien aérien, afin de faire fuir les djihadistes de la base humanitaire", a-t-on ajouté.

Le nord-est du Nigeria, une région frappée par les islamistes

Il y a trois ans, le 1er mars 2018, des combattants de l'Iswap avaient attaqué une base de l'ONU dans la ville de Rann, dans le nord-est du Nigeria. Huit membres des forces de sécurité avaient été tués ainsi que trois employés nigérians de l'Unicef et de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Le nord-est du Nigeria est en proie à un conflit meurtrier depuis 2009 et le lancement d'attaques par les islamistes de Boko Haram. En 2016, le groupe s'est scindé, avec d'un côté la faction historique et de l'autre, l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap), reconnu par le groupe Etat islamique.

Des attaques qui s'intensifient depuis fin 2020

Le conflit, qui a fait plus de 36.000 personnes ont été tuées, et plus de deux millions de déplacés depuis 2009, s'enlise. Le 15 février dernier, des combattants de l'Iswap avaient pris le contrôle de la ville stratégique de Marte, d'où sont partis les renforts lundi soir, après avoir submergé des soldats en garnison. Les militaires avaient repris le contrôle de la  ville une semaine plus tard. 

Cette même semaine, l'autre groupe djihadiste, Boko Haram, avait également attaqué au mortier Maiduguri, la capitale régionale de l'Etat du Borno, épicentre de la révolte. Cette attaque avait fait au moins 16 morts et des dizaines de blessés. Depuis la fin de l'année 2020, les attaques meurtrières se sont intensifiées dans la région, poussant le président Muhammadu Buhari, sous le feu des critiques, à remplacer fin janvier les quatre principaux chefs de l'armée.

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Le président, ancien général putschiste dans les années 1980, avait été élu en 2015 sur la promesse d'écraser cette rébellion djihadiste. Mais six ans plus tard, les groupes Boko Haram et Iswap contrôlent toujours de vastes zones rurales ainsi que des routes stratégiques, où ils multiplient attaques et enlèvements de soldats, de civils et de membres d'ONG.

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