Nissan réclame à Carlos Ghosn près de 8 millions d'euros pour une rémunération indue

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AFFAIRE - Carlos Ghosn est accusé par Nissan d'avoir indûment reçu une compensation financière de près de 8 millions d'euros de la part d'une entreprise co-détenue par Nissan et Mitsubishi.

Nouvelles accusations contre Carlos Ghosn. Nissan a annoncé vendredi 18 janvier vouloir récupérer près de 8 millions d'euros, une somme que le groupe juge indûment versée à son ex-patron par Nissan Mitsubishi BV (NMBV), une structure conjointe aux deux constructeurs automobiles, implantée aux Pays-Bas. Cette co-entreprise détenue à parité par Nissan et Mitsubishi Motors, avait été fondée en juin 2017 "avec pour mission l'exploration et la promotion de synergies au sein du partenariat". 

Une rémunération tenue secrète

Selon l'enquête menée en interne par les deux compagnies, le dirigeant "a reçu une rémunération totale de 7 822 206 euros (taxes comprises)" sans en informer les deux autres dirigeants. "Il s'est signé un contrat sans discuter avec les autres membres du conseil d'administration de NMBV que sont le PDG de Nissan Hiroto Saikawa et le PDG de Mitsubishi Motors Osamu Masuko. Ils n'ont pour leur part touché aucun revenu", affirme le constructeur automobile dans un communiqué.


Considérant que cette rémunération abusive constitue "une faute" de Carlos Ghosn, Nissan dit "réfléchir aux moyens de récupérer cette somme" auprès du magnat de l'automobile. Nissan et Mitsubishi ont ajouté qu'ils envisageaient de porter plainte au civil contre Carlos Ghosn pour tenter d'obtenir auprès de ce dernier des indemnités.

La liste des accusations s'allonge

Le constructeur, qui a commencé à enquêter à l'été 2018 après le signalement d'un ou plusieurs lanceurs d'alerte, a transmis à l'automne les informations au parquet de Tokyo, aboutissant à l'interpellation surprise de Carlos Ghosn le 19 novembre. En détention depuis, l'ex-dirigeant a déjà subi trois inculpations pour minoration de ses revenus sur deux périodes différentes et transferts de pertes personnelles dans les comptes de Nissan.


La compagnie lui reproche également d'autres malversations, comme l'achat de résidences de luxe à Beyrouth, Rio ou Paris, des donations à des universités au Liban ou encore l'emploi fictif de sa sœur au Brésil, tout ceci aux frais de Nissan. Bien que ces derniers éléments ne soient pas encore inclus dans les motifs de poursuites invoqués par les procureurs. 

En attendant son procès, qui n'interviendra pas avant plusieurs mois, l'homme d'affaires a déjà été démis de la présidence des conseils d'administration de Nissan et de Mitsubishi Motors. De son côté, Renault, qui avait dans un premier temps argué de la présomption d'innocence, s'est officiellement mis en quête d'un successeur, au lendemain d'un appel de Bruno Lemaire pour une nouvelle gouvernance.

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