EXCLUSIF - Suhail Shaheen, porte-parole des talibans : "Nous devons pouvoir coexister, faire preuve de tolérance"

EXCLUSIF - Suhail Shaheen, porte-parole des talibans : "Nous devons pouvoir coexister, faire preuve de tolérance"

INTERVIEW - Après leur reprise de pouvoir en Afghanistan, les talibans tentent de rassurer la communauté internationale sur leurs intentions et leur politique, notamment au sujet des droits des femmes. "Nous devons nous concentrer sur le futur", affirme un porte-parole des insurgés dans une interview TF1.

"Le passé, c’est le passé" : les talibans assurent qu'ils ne retrouveront pas leurs politiques de terreur en Afghanistan. C’est en tout cas ce qu’affirme Suhail Shaheen, porte-parole et négociateur des insurgés dans l’interview exclusive qu'il a donné à TF1/LCI. Depuis la reprise du pouvoir en Afghanistan, au terme d’une conquête éclair de quelques semaines, les talibans se sont lancés dans une vaste opération médiatique pour rassurer les puissances internationales, affichant une image qu'ils veulent de modernité et de souplesse.

"Maintenant nous devons nous concentrer sur le futur, affirme le porte-parole. Et le futur concerne tout le monde. Nous devons pouvoir coexister, faire preuve de tolérance et nous réunir pour reconstruire le pays." Se venger "de ceux qui ont travaillé avec les étrangers" ne ferait que "prolonger la guerre et elle ne s'arrêtera jamais", fait-il valoir, assurant que ce n’est pas ce que les talibans souhaitent. 

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L'Afghanistan aux mains des talibans

Pas de listes d’opposants à traquer, selon le porte-parole

Quant à des listes d’Afghans à arrêter, il n’en existe aucune, assure Suhail Shaheen : "Je démens complètement les faits. Nous avons promulgué une amnistie générale, et tout ceci n'est que de la propagande de nos opposants pour créer la peur pour terrifier les gens."

Pourtant, les talibans seraient déjà lancés à la traque de "listes prioritaires" d’individus à arrêter, selon un document confidentiel des Nations unies consulté le jeudi 19 août par l’AFP. Parmi les cibles les plus à risque : les Afghans ayant eu des postes à responsabilité au sein de l’armée afghane, de la police ou des services de renseignement. Le document relate ainsi des "visites ciblées porte-à-porte", qui visent également militants et journalistes. 

"Il n'y a aucun problème avec le droit des femmes"

Le porte-parole a également affirmé que les droits des femmes seraient respectés, un sujet qui inquiète pourtant la communauté internationale. Entre 1996 et 2001, lorsque les talibans avaient pris la tête du pays, les femmes étaient soumises au port de la burqa, voile intégral qui recouvre le visage, et ne pouvait sortir qu’accompagnées d’un chaperon masculin de la famille. 

"Il n'y a aucun problème avec le droit des femmes, avance le porte-parole. Il y a seulement une question sur le port du hijab [voile], mais nous donnons les mêmes droits aux femmes qu’aux hommes pour l'éducation, pour le travail." Les femmes ne seront pas forcées à porter la burqa, puisqu’il "y a plusieurs types de hijab", précise le dignitaire taliban. 

Interrogé sur l’adultère des femmes, sanctionné de lapidation parfois jusqu’à la mort lorsque les talibans étaient au pouvoir,  Suhail Shaheen répond : "tout cela dépendra des décisions des juges de la Cour islamiste, il y a des enquêtes et la peine sera décidée en fonction, a eu la loi islamique".

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Au sujet de la menace que représentent des groupes terroristes dans le pays, le porte-parole s’est montré ferme. "Daech s'est battu contre nous dans le Nord et dans l'Est de l'Afghanistan, a-t-il expliqué. Et pour construire un pays en paix, si vous voulez redévelopper l’économie de l’Afghanistan, que ses habitants aient une vie prospère, la première chose à faire est de s’assurer que personne ne vienne perturber l’équilibre du pays."

La résurgence de groupes jihadistes dans le pays inquiète pourtant la communauté internationale. "L’Afghanistan ne doit pas redevenir le sanctuaire du terrorisme qu’il a été", avait mis en garde Emmanuel Macron lors de son allocution lundi 16 août, prédisant que "des groupes terroristes sont présents en Afghanistan et chercheront à tirer profit de la déstabilisation". 

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