Non armée, plus transparente... la police britannique, un exemple à suivre ?

Non armée, plus transparente... la police britannique, un exemple à suivre ?

MODÈLE ? - Alors que le débat sur les violences policières fait rage en France, la côte de confiance entre la police britannique et la population est plus que jamais au beau fixe. Mais comment expliquer le fort degré de légitimité dont jouit le "bobby" outre-Manche ?

Paris, samedi 29 novembre, manifestation contre le texte de loi "sécurité globale" : 27 personnes en garde à vue et 23 membres des forces de l'ordre blessés. Londres, le même jour, une intervention de la police londonienne lors d'une manifestation contre le confinement aboutit à 150 arrestations, mais sans la moindre grenade lacrymogène, et aucun heurt violent. Alors que le débat sur les violences policières fait rage en France, et creuse le fossé entre les forces de l'ordre et les citoyens, en Angleterre la police bénéficie d'une côte de confiance qui fait bien des envieux. 

Pour Peter Kirkham, ancien policier, l'une des raisons principales est sans doute une plus grande transparence. "Il y a des concertations avec les citoyens à plusieurs niveaux. Ensuite, lors des plaintes contre les policiers, les audiences sont menées par des indépendants, non pas par des policiers. Et enfin, les policiers ont des caméras embarquées", analyse-t-il. En 15 ans, l'usage des caméras embarquées est en effet devenu systématique pour les policiers en contact avec le public. Un outil salué par les citoyens. 

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L'épineuse question des violences policières

Des policiers peu armés

Autre différence entre la police française et la police britannique, le port d'armes est très peu courant en Angleterre. Un policier sur vingt environ en porte une. En France, c'est beaucoup plus : la quasi-totalité de la police nationale et un policier municipal sur deux sont équipés d'armes à feu.

Et l'usage de la force par la police s'en ressent. Selon le professeur Tim Newburn, chercheur à la London School of Economics, "les policiers sont très prudents sur l'usage des armes à feu. Culturellement, on a une méfiance très enracinée de l'usage de la force précisément dans le domaine du maintien de l'ordre", souligne-t-il.

Pas d'IGPN mais un organisme indépendant

Enfin, en cas de bavures ou de violences policières, en Angleterre, pas d'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices est assurée par un organisme, l’Independent Office for Police Conduct (IOPC) qui se targue sur son site internet, de prendre ses décisions "de manière totalement indépendante par rapport à la police et au gouvernement". 

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Cette autonomie se traduit jusque dans sa gouvernance : aucun des membres de sa direction n’est issu de la police, à laquelle le directeur général ne peut d’ailleurs pas avoir appartenu – contrairement à la France, où l’IGPN est souvent fustigée pour sa partialité et son opacité.

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