Non, la Belgique ne veut pas changer la règle d’accord du participe passé (en tout cas pour l’instant)

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FRANCOPHONE - Le débat a été lancé lundi par une tribune de deux anciens enseignants en Belgique, demandant de simplifier l'accord du participe passé. Mais aucune réforme n'est en cours.

Ils ont tenu à faire une mise au point : non, aucune réforme n’est engagée. Non, les règles de grammaire ne vont pas changer. Et celle de l’accord du participe passé ne variera pas d’un iota. C’est cette précision qu’ont tenu à apporter les autorités de Belgique, alors que le sujet agite depuis quelques jours... leurs voisins français.

"Les ministres concernés et le gouvernement (de la Fédération Wallonie-Bruxelles) n'ont pas été saisis d'une quelconque demande du Conseil de la langue française et ne sont donc pas amenés à se positionner, en tout cas à ce stade", a ainsi assuré ce mardi Eric Etienne, porte-parole de la ministre de l'Education Marie-Martine Schyns. 

Débat lancé en France, mais pas en Belgique

Tout est en fait partie d’une tribune, publiée lundi dans Libération, par deux anciens professeurs de français en Belgique, qui demandaient une simplification de l'accord du participe passé. Un sujet que le journal a placé en Une ce mardi, évoquant notamment une "guerre" de l'orthographe déclarée par les Belges : "Les instances linguistiques de Belgique veulent en finir avec l'accord du participe passé, règle aux multiples exceptions qui fait suer bien des Français." 

Dans les faits, était surtout évoquée l’idée de ne plus obéir à cette règle qui veut que "le participé passé s'accorde avec le complément d'objet direct lorsque celui-ci est placé avant l'auxiliaire". A la place, était avancée l’hypothèse d'instaurer l'invariabilité du participe passé employé avec l'auxiliaire. Ce qui donnerait la possibilité d’écrire "Les crêpes que j'ai mangé" (dixit le titre de leur tribune), plutôt que "Les crêpes que j'ai mangées" selon l'orthographe correcte actuellement en vigueur.


Une annonce qui avait aussitôt suscité de chauds espoirs en France, à l’image de cette autre tribune de Bernard Pivot, ardent défenseur de la langue française, qui estimait, toujours dans Libération, que c’est une règle que "tout le monde pourrait comprendre". 

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Notre niveau d'orthographe a-t-il baissé ?

Aucune demande sur le sujet

Mais tout cela semble n’être pour l’instant qu’au stade d’idées en débat. Et semble même agiter la France - trop heureuse de se tirer de cette règle qui torture les méninges de générations entières - bien plus que la Belgique. Un responsable de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), entité compétente sur ces questions, a expliqué à l’AFP que ni la ministre de l'Education, ni celle de la Culture (dont dépend le Conseil de la langue française et de la politique linguistique) n'avaient été saisies d'un tel souhait de réforme. "Sur la base d'avis ou de recommandations, on pourrait se positionner (sur cette question) mais ce n'est pas le cas en ce moment", a insisté Eric Etienne. "On a des réflexions, c'est une question intellectuellement intéressante mais c'est absolument prématuré."


En Belgique, l'enseignement et la culture dépendent non pas du gouvernement fédéral ou des régions mais des communautés, qui constituent un autre étage de l'architecture institutionnelle particulièrement complexe. Le pays compte trois langues officielles : français, néerlandais et allemand.

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