"Nous avons eu peur" : des Français témoignent des violences à Brazzaville

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TEMOIGNAGES - Des milliers d'habitants des quartiers sud de Brazzaville ont fui lundi matin vers le nord après avoir été réveillés par des tirs d'armes lourdes dans la nuit de dimanche à lundi. Contactés par Metronews, des expatriés français racontent les violences qui secouent la capitale du Congo.

Situation particulièrement tendue à Brazzaville, la capitale du Congo, qui a été tirée de son sommeil par le son des rafales cette nuit. "Vers 4 heures du matin, nous avons été réveillés par des tirs. Puis nous avons entendu une explosion", nous raconte au téléphone un expatrié français qui vit dans le quartier du Plateau. "Les tirs se sont ensuite rapprochés et nous nous sommes barricadés. Nous avons réussi à fuir et à tous nous réfugier dans une maison plus au nord", poursuit-il. Selon plusieurs témoins, joints sur place, les tirs auraient débuté dans les quartiers sud de la capitale congolaise.

Le commissariat principal et la mairie de Makélékélé auraient notamment été incendiés. L'armée aurait riposté à l'attaque menée, selon le gouvernement, par des "ex-miliciens Ninja Nsiloulou" (lire encadré). Si un calme précaire était revenu au petit matin, des tirs ont de nouveau été entendus vers Diata, d'après un témoin joint par metronews en fin de matinée tandis que des hélicoptères survolaient les quartiers sud de Brazzaville. "Nous avons eu très peur cette nuit et nous avons encore peu d'informations sur ce qui s'est passé. Aucune instruction d'évacuation n'a été donnée. On nous dit seulement de rester chez nous", poursuit une autre Française qui habite près de Makélékélé.

Election contestée par l'opposition

Les autorités françaises ont demandé ce lundi à leurs ressortissants de "demeurer confinés à leur domicile, en particulier dans les quartiers Sud" de Brazzaville. Le lycée Saint Exupéry et l’Institut français sont par ailleurs fermés. A Pointe-Noire, où des heurts seraient en cours avec la police, le quai d'Orsay recommande également d’éviter les quartiers périphériques ainsi que les déplacements non indispensables. En fin de matinée lundi, des milliers d'habitants avaient fui les zones de combats dans la capitale congolaise, d'après les journalistes de l'AFP sur place, tandis que des centaines de policiers et militaires patrouillaient à bord de véhicules blindés. 

Ces troubles surviennent alors que la Cour constitutionnelle est en train d'étudier, en vue de leur validation définitive, les résultats de la présidentielle du 20 mars. Les autorités congolaises avaient proclamé le 24 mars la victoire de Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis 32 ans. Le président avait annoncé sa réélection pour un mandat de cinq ans avec plus de 60% des voix au premier tour. 

Rejetant ces résultats comme une "forfaiture", cinq candidats d'opposition avaient appelé la population à les contester par des voies légales et pacifiques. Ils avaient appelé à une journée "villes mortes" le 29 mars. Selon le récit de l'AFP, Brazzaville avait alors offert le visage d'une ville à deux vitesses : largement suivi dans les quartiers sud et ignoré dans les quartiers nord, reflétant la division électorale de la ville. Dimanche, un concert avait été organisé pour l'unité nationale au Stade de la Concorde de Kintélé. Aucun incident ou débordement n'avait été constaté. 

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