Nouvel empoisonnement au Royaume-Uni : le ton monte (encore) entre Londres et Moscou

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DIPLOMATIE - Deux Britanniques ont été exposés au même agent innervant que celui utilisé quatre mois plus tôt contre un ex-espion russe et sa fille. Un nouvel empoisonnement qui suscite la colère de Londres à l'égard du Kremlin.

Comme un air de déjà-vu. Quatre mois après l'empoisonnement d'un ex-espion russe et sa fille, une nouvelle affaire similaire secoue depuis mercredi 4 juillet les relations entre Londres et Moscou. Deux Britanniques ont en effet été exposés à un agent innervant d'origine russe, provoquant une levée de boucliers des autorités.


"Il est maintenant temps que l'Etat russe explique exactement ce qui s'est passé", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Sajid Javid, au Parlement, à l'issue d'une réunion d'urgence de l'exécutif. Avant d'appuyer : "Il est totalement inacceptable que nos citoyens soient des cibles délibérées ou accidentelles ou qu'on déverse du poison dans nos rues, nos parcs, nos villes". De son côté, la Première ministre Theresa May a assuré que la police allait "remuer ciel et terre" pour éclaircir ce nouveau cas d'empoisonnement, qu'elle a qualifié d'"extrêmement inquiétant".

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Les deux Britanniques dans un état grave ont bien été empoisonnés par du Novitchok

Le Royaume-Uni a également tenu à prévenir l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), s'attirant les foudres de Moscou. "Nous appelons les forces de l'ordre britanniques à ne pas céder aux sales jeux politiques commencés par certaines forces à Londres", a déclaré Maria Zakharova, porte-parole de la diplomatie russe. "Le gouvernement de Theresa May et ses représentants auront à s'excuser", a-t-elle ajouté.


Face à la panique qui menace de s'emparer de la population, l'exécutif s'est voulu rassurant. Salisbury "reste ouverte au commerce. Le gouvernement continuera à fournir tout le soutien à la communauté locale", a assuré Theresa May. Mais tout en affirmant qu'il n'y a "pas de risque immédiat pour la santé", l'agence de santé publique Public Health England (PHE) a conseillé "par précaution" aux personnes s'étant rendues aux mêmes endroits que les victimes de laver leurs vêtements. Elle a aussi demandé aux gens "d'être vigilants lorsqu'ils ramassent des objets inconnus ou dangereux comme des aiguilles ou des seringues".


Les deux Britanniques, un homme de 45 ans et une femme de 44 ans, ont été pris en charge dans un état critique, ce samedi à Amesbury (sud-ouest de l'Angleterre), une petite ville située à une douzaine de kilomètres de Salisbury, où Sergueï Skripal et Ioulia Skripal avaient été empoisonnés début mars au Novitchok, un agent neurotoxique de conception soviétique.  Jeudi, la police s'activait pour déterminer comment le couple de Britanniques a pu être exposé au même agent innervant que celui utilisé contre les Skripals. Selon une source gouvernementale, "une des hypothèses envisagées est que l'un des deux a ramassé le contenant utilisé pour stocker l'agent neurotoxique utilisé contre les Skripals. Le Novitchok aurait été étalé sur la porte d'entrée des Russes et aurait pu être jeté à un autre endroit."

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