Nouvelle attaque à l'arme blanche dans une gare chinoise

Nouvelle attaque à l'arme blanche dans une gare chinoise

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CHINE - Six personnes ont été blessées mardi dans une attaque à l'arme blanche commise dans une gare de Canton. Un drame qui fait écho aux récents incidents ayant ensanglanté des gares chinoises et imputé par les autorités à des "terroristes" du Xinjiang.

Les attaques se suivent et se ressemblent en Chine. Mardi matin, c'est la gare de Canton, dans le sud du pays, qui a été le théâtre d'un nouveau drame sanglant. Au moins six personnes ont été blessées par quatre hommes, qualifiés par les autorités de "terroristes" du Xinjiang. Selon les médias locaux, les assaillants armés de lames de 50 centimètres et portant des couvre-chefs de couleur blanche, comme ceux généralement portés par des musulmans chinois, s'en sont pris à des usagers qui quittaient la gare. L'un des auteurs présumés a été abattu par les policiers, un autre interpellé, et deux sont parvenus à s'enfuir.

Série d'attentats dans les gares

Si l'on ignore encore leur mobile et leur identité, cette attaque intervient après une série d'événements similaires dans des gares chinoises. La semaine dernière, un attentat au couteau et à l'explosif à Urumqi, capitale de la région occidentale du Xinjiang, a en effet coûté la vie à une personne et fait 79 blessés. En mars, dans la gare de Kunming (sud-ouest), un commando à l'arme blanche avait tué 29 personnes et blessé 143 autres. Un carnage officiellement imputé à des mouvements séparatistes islamistes du Xinjiang. Cette vaste région, régulièrement secouée de troubles, est peuplée par les Ouïghours, des musulmans turcophones. Les organisations de défense des droits de l'homme estiment que ces tensions, qui ont fait plus de 100 morts en 2013, sont liées à une répression du gouvernement chinois à leur encontre.

Selon le professeur de la Nanyang Technological University de Singapour, Rohan Gunaratna, interrogé par l'AFP, "l'ampleur des violences ne fait que s'accroître et il y a désormais une contagion dans le reste du pays". En octobre, un attentat-suicide avait d'ailleurs été perpétré place Tiananmen, à Pékin, symbole du pouvoir. Trois Ouïghours venus du Xinjiang avaient précipité leur véhicule contre la Cité interdite. Pour Mao Shoulong, professeur à l'Ecole d'administration de l'Université de Pékin, si les "autorités vont devoir réprimer sévèrement le terrorisme", elles vont devoir également mener et "appliquer des politiques" pour apaiser les craintes et les frustrations des Ouïghours.
 

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