Nouvelle purge en Turquie : 18.000 fonctionnaires limogés, des journaux fermés

Nouvelle purge en Turquie : 18.000 fonctionnaires limogés, des journaux fermés

International
TURQUIE - Deux semaines après la réélection du président sortant Recep Tayyip Erdogan, un texte de loi publié ce dimanche acte le licenciement de plus de 18.000 fonctionnaires à travers la Turquie. Ce décret a également forcé des associations, journaux et des chaînes de télévision à fermer.

Recep Tayyip Erdogan a été réélu, le 24 juin dernier, à la tête du pays qu’il dirige depuis 15 ans. Ce dimanche 8 juillet, deux semaines après la victoire du parti islamo-conservateur AKP, un décret-loi, publié ce jour dans le Journal officiel, a acté le licenciement de 18.632 fonctionnaires, dont de très nombreux membres des forces de l'ordre, du ministère de la Justice, mais aussi des enseignants et universitaires.


Le texte annonce par ailleurs que douze associations, trois journaux et une chaîne de télévision ont été fermés par ce même décret. 148 personnes, limogées par de précédents décrets, ont été réintégrées dans la fonction publique, précise le décret. Ce dernier est présenté comme le dernier pris sous l'état d'urgence instauré au lendemain du putsch manqué de juillet 2016 et sans cesse renouvelé depuis. 

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Les médias turcs affirment que ce régime d'exception sera levé dès ce lundi après la prestation de serment du président Recep Tayyip Erdogan, dont la levée de l'état d'urgence était l'une des promesses de campagne. La journée de lundi marquera également l'entrée en vigueur d'un système présidentiel en vertu d'une révision constitutionnelle adoptée par référendum en avril 2017. Sous ce nouveau système, l'ensemble des pouvoirs exécutifs reviennent au président, qui pourra notamment promulguer des décrets présidentiels. 

Selon l'ONG Human Rights Joint Platform (Ihop), 112.679 personnes avaient été limogées au 20 mars 2018, dont plus de 8.000 dans les forces armées, environ 33.000 parmi le personnel du ministère de l'Education et 31.000 au sein du ministère de l'Intérieur, dont 22.600 au sein de la Direction générale de la Sûreté. Ces purges sont vivement critiquées par l'opposition et les organisations de défense des droits de l'homme, qui y voient une tentative de faire taire toute voix critique.

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