Nouvelle relaxe d’un policier aux Etats-Unis : Barack Obama dans "l’impasse raciale" ?

Nouvelle relaxe d’un policier aux Etats-Unis : Barack Obama dans "l’impasse raciale" ?

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DECRYPTAGE – Quelques jours après une première relaxe à Ferguson, un grand jury a décidé mercredi de ne pas inculper un second policier blanc, impliqué dans la mort d'un père de famille noir. Deux cas difficiles à gérer pour le président américain, désormais mal à l’aise avec la question raciale.

Bis repetita. Dix jours après une décision similaire à Ferguson (Missouri), un grand jury a dédouané mercredi un policier blanc inculpé pour la mort d’un homme noir à New York. Entre temps, un garçon noir de 12 ans jouant avec une arme factice avait été abattu par un officier dans l’Ohio, creusant un peu plus la fracture raciale dont souffre l’Amérique de Barack Obama.

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Depuis sa première investiture en 2008, le président américain a en effet élimé son costume de rassembleur. "Il avait fait un vrai travail durant sa campagne sur l’état des relations raciales dans le pays. Mais il a promis des changements qu’il n’a pas eu la capacité d’apporter", nous explique la spécialiste des Etats-Unis* Nicole Bacharan. En cause, une problématique sociétale difficile à inverser tant elle fait partie de l’ADN du pays. Mais aussi une politique policière très brutale, dont souffre majoritairement la communauté afro-américaine, comme en témoignent les images de policiers juchés sur des véhicules blindés durant les émeutes à Ferguson.

"Obama ne donne jamais le sentiment de s’engager à fond"

Une militarisation excessive revendiquée par Barack Obama : celui-ci a encore exclu lundi de réduire les transferts de matériel militaire du Pentagone vers la police. Par souci d’apaisement, le président a promis un décret pour mieux les encadrer. Mais aussi un plan pour développer l’utilisation par les policiers de caméras embarquées. "Nous n'arrêterons pas avant de voir un renforcement de la confiance et de la responsabilité qui existe entre nos communautés et notre police", a-t-il martelé. Un vœux qui semble bien pieux pour l'instant.

Il faut dire que dans le débat national sur la discrimination, le président américain souffre d’un déficit d’empathie. "Il dit des choses justes et reflète ce que les gens pensent sur les pratiques de la police. Mais il n’est pas chaleureux, et ne donne jamais le sentiment de s’engager à fond", souligne Nicole Bacharan. Une impuissance étonnante pour celui qui s'est toujours posé en réconciliateur.

"C’est quelque chose qui lui tient profondément à cœur. Son premier discours public, à 20 ans, il l'avait fait en tant que jeune militant anti-apartheid. Et il n’y a qu’à voir la façon dont il a décrit ce qu’il ressentait durant sa jeunesse, ces gens qui se méfiaient de lui", souligne la politologue. Barack Obama n’avait-il pas déploré lui-même "l'impasse raciale dans laquelle nous sommes bloqués depuis des années" durant sa campagne en 2008 ? Des souvenirs qu’il avait peut-être en tête mercredi quand, réagissant à la décision du grand jury, il a - un peu - fendu l’armure : "Trop souvent, les personnes ne pensent pas que les gens sont traités de manière équitable. ( ) Mais c'est parfois la réalité".

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"Les secrets de la Maison Blanche", avec Dominique Simonnet, Éd. Perrin, 2014
 

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