Nouvelles destructions à Palmyre par Daesh : l'Unesco dénonce "un crime de guerre"

Nouvelles destructions à Palmyre par Daesh : l'Unesco dénonce "un crime de guerre"

PATRIMOINE - Les djihadistes de Daech ont détruit deux monuments antiques à Palmyre, ville du centre de la Syrie qu'ils avaient reprise au régime en décembre dernier.

Les djihadistes du groupe Etat islamique (EI) ont détruit  deux monuments antiques à Palmyre, a indiqué ce vendredi 20 janvier le chef des Antiquités. La ville du centre de la Syrie avait été reprise au régime en décembre dernier. 

"Des sources locales nous ont informé que Daech (un acronyme en arabe de l'EI) a détruit le Tétrapyle, un monument de 16 colonnes, et des photos satellite reçues (jeudi) de nos collègues de l'université de Boston montrent des dommages à la façade du théâtre romain", a déclaré à l'AFP Maamoun Abdelkarim.

"Cette destruction délibérée est un nouveau crime de guerre. C'est une immense perte pour le peuple syrien et pour toute l'humanité", a réagi la directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, dans un communiqué. De son côté, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov dénonce "une vraie tragédie du point de vue de l'héritage culturel et historique mondial". 

Lire aussi

Le Tétrapyle avait été érigé à l'époque de Dioclétien, à la fin du 3ème siècle. C'était un carré avec quatre colonnes à chaque coin. Sur les 16 colonnes, une seulement était originale tandis que les autres avaient été reconstruites en ciment par le service des Antiquités syrienne en 1963. Les colonnes originales étaient en granit rose venu d’Égypte. Le théâtre romain compte neuf rangées de gradins. Il est daté du premier siècle de notre ère. Lors de sa première occupation de la ville, de mai 2015 à mars 2016, l'EI l'avait utilisé pour des exécutions publiques.

"Dès le premier jour, je m'attendais à un terrible scénario. Nous avions déjà été témoins de la terreur lors de la première occupation de la ville, et franchement je ne pensais pas que Palmyre serait occupée une seconde fois", a ajouté, bouleversé Maamoun Abdelkarim. "La bataille pour Palmyre est culturelle et pas politique. Je n'ai pas compris comment la communauté internationale et les acteurs du conflit syrien ont accepté que Palmyre tombe", a-t-il ajouté.

Daech perd du terrain

Le groupe Etat Islamique s'est emparé le 11 décembre de Palmyre, cité antique inscrite par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité, d'où il avait été chassé huit mois plus tôt par l'armée syrienne soutenue par Moscou. Depuis, la région est fréquemment secouée par des affrontements.

Le groupe djihadiste a néanmoins perdu en 2016 près du quart (23%) du territoire qu'il contrôlait en Irak et en Syrie, un recul qui menace sa "cohésion", selon une étude publiée jeudi par le cabinet d'analyse IHS Markit.

En vidéo

Daesh reste maître des lieux à Palmyre, Raqqa et Mossoul

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

"Même infraction, même sanction" : après la gifle d'Emmanuel Macron, les policiers montent au créneau

Covid-19 : les contaminations repartent à la hausse au Royaume-Uni, la faute au vaccin AstraZeneca ?

Variant Delta : "épée de Damoclès" au-dessus de l’embellie sanitaire en France

Euro : le calendrier détaillé des retransmissions TV de tous les matchs

EN DIRECT - Euro : Christian Eriksen dans un état stable et "éveillé" après son malaise cardiaque

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.