Nucléaire iranien : soupçons d'espionnage dans les hôtels des négociations

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NUCLEAIRE - Les autorités suisses et autrichiennes ont indiqué jeudi avoir ouvert, séparément, des enquêtes sur des soupçons d'espionnage informatique. Celui-ci se serait déroulé dans des hôtels abritant les négociations sur le nucléaire iranien.

Les négociations sur le nucléaire iranien ont-elles été espionnées ? C’est ce qu'avancent les autorités suisses et autrichiennes, qui ont ouvert ce jeudi des enquêtes pour faire la lumière dans cette affaire digne d’un polar. Trois hôtels, qui ont accueilli depuis novembre 2013 plusieurs sessions de pourparlers entre diplomates et experts, ont été fouillés. Et selon les premiers éléments dévoilés, la piste conduirait à Israël.

"Du matériel informatique a été saisi dans le cadre d'une perquisition le 12 mai", a précisé jeudi le ministère public, sans dire où celle-ci a été menée. Seule certitude : "Des investigations sont en cours", notamment au Palais Coburg, où se sont tenues plusieurs sessions de discussions à Vienne. C’est dans la capitale autrichienne, mais aussi à Lausanne, que l'Iran et les grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France plus l'Allemagne), engagés depuis plus de 20 mois dans d'intenses tractations, ont conclu en avril dernier un accord intermédiaire. L'accord final, lui, doit garantir le caractère uniquement pacifique de ce programme nucléaire et lever en contrepartie les sanctions internationales qui étouffent l'économie de l'Iran.

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"Israël doit défendre ses intérêts en matière de sécurité"

Problème : ce programme est soupçonné de cacher un volet militaire. C’est en tout cas l’avis d’Israël, régulièrement soupçonné de tendre un peu trop l’oreille sur le sujet. Le Wall Street Journal avait le premier affirmé en mars que les négociations sur le nucléaire iranien avaient été espionnées. Le journal avait cité des responsables américains, affirmant qu'une opération israélienne visait à recueillir des informations pour s'opposer aux termes de l'accord. "Bien évidemment, Israël doit défendre ses intérêts en matière de sécurité (...) Mais nous n'espionnons pas les Etats-Unis. Il y a suffisamment de participants à ces négociations, y compris les Iraniens", avait déclaré en mars Avigdor Lieberman, le chef de la diplomatie israélienne.

Un démenti à prendre avec des pincettes, selon plusieurs experts. La société russe de sécurité informatique Kaspersky Lab a indiqué avoir découvert dans son propre réseau interne un virus baptisé Duqu, soupçonné d'avoir été utilisé pour espionner les négociations. Duqu, que l'on pensait éradiqué depuis 2012, est un logiciel d'espionnage sophistiqué similaire au virus Stuxnet, considéré par nombre d'observateurs comme venant... d'Israël. Stuxnet était quant à lui un virus développé par les Etats-Unis ou Israël en 2007, ou même avant. Il avait attaqué à l'automne 2010 le programme nucléaire iranien, en particulier ses centrifugeuses, pour tenter de ralentir les efforts de Téhéran, soupçonné de vouloir se doter de l'arme atomique.

Réagissant jeudi aux nouvelles accusations, la vice-ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Hotovely, a affirmé à la radio militaire que ces informations étaient sans fondement. "Ce qui est beaucoup plus important est que nous empêchions un mauvais accord, sinon nous allons nous retrouver sous la menace nucléaire iranienne".

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