Nucléaire iranien : un "soulagement" pour Poutine, une "erreur historique" pour Netanyahu

Nucléaire iranien : un "soulagement" pour Poutine, une "erreur historique" pour Netanyahu

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RELATIONS INTERNATIONALES - L'Iran et les grandes puissances réunis mardi à Vienne ont signé un accord historique sur le nucléaire iranien.

L' Iran et les grandes puissances ont conclu mardi à Vienne un accord historique sur le nucléaire iranien. Une annonce qui intervient au terme d'un marathon diplomatique entamé en 2013 pour solder ce dossier qui empoisonne les relations internationales depuis douze ans. L'objectif de cet accord conclu mardi est de garantir que le programme nucléaire iranien n'ait aucun débouché militaire, en échange d'une levée des sanctions internationales qui étouffent l'économie du pays.

"Nouveau chapitre des relations internationales"

"Les décisions que nous prenons aujourd'hui ne portent pas seulement sur le nucléaire iranien mais (...) peuvent ouvrir un nouveau chapitre sur les relations internationales", a déclaré la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, à l'ouverture de la réunion ministérielle officialisant l'accord. Téhéran s'engage à réduire ses capacités nucléaires (centrifugeuses, stock d'uranium enrichi...) pendant plusieurs années et à laisser les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) procéder à des inspections plus poussées.

Le but est de rendre quasiment impossible la possibilité pour l'Iran de fabriquer une bombe atomique, tout en assurant à Téhéran, qui nie avoir jamais eu l'intention de se doter de la bombe, le droit de développer une filière nucléaire civile. En échange, l'Iran bénéficiera surtout d'une levée des sanctions internationales adoptées depuis 2006 par les Etats-Unis, l'Union européenne et l'ONU et qui brident l'économie du pays.

Une "erreur historique" pour Israël

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a salué un "moment historique", tout en soulignant qu'aucun accord "ne pouvait être parfait pour toutes les parties". L'accord, qui devrait ouvrir la voie à une normalisation des relations économiques et diplomatiques de l'Iran avec la communauté internationale, suscite l'opposition d'Israël et des puissances sunnites voisines, inquiètes du rôle déjà joué par Téhéran dans plusieurs conflits au Proche-Orient. Israël, ennemi historique de l'Iran, par la voix de son Premier ministre Benjamin Netanyahu a immédiatement qualifié l'accord d'"erreur historique".

Un "grand soulagement" pour Poutine

Le président russe Vladimir Poutine a au contraire estimé que la communauté internationale pouvait désormais pousser "un grand soupir de soulagement". Malgré les "tentatives plaidant en faveur d'un recours à la force", les participants aux négociations entre l'Iran et le groupe des 5+1 (Russie, France, Etats-Unis, Chine, Royaume-Uni et Allemagne) "ont fait un choix décisif pour la stabilité et la coopération". Vladimir Poutine a également jugé que cet accord donnerait un "puissant élan" aux relations entre l'Iran et la Russie, qui "ne seront plus affectées par des facteurs extérieurs".

Une "nouvelle direction" pour Obama

Le président américain a estimé que cet accord permettait d'ouvrir une nouvelle ère dans les relations des deux pays qui ont rompu leurs échanges diplomatiques en 1979, année de la révolution islamique. "Cet accord nous donne une chance d'aller dans une nouvelle direction. Nous devons la saisir", a déclaré Barack Obama à la Maison Blanche, en promettant la levée de sanctions américaines contre l'Iran. "Si l'Iran viole l'accord, toutes ces sanctions seront remises en place", s'est-il toutefois engagé. Pour la seconde fois en 36 ans, la télévision d'Etat iranienne a retransmis en direct la déclaration du président américain Barack Obama sur l'accord nucléaire. 

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