Nucléaire : tensions à l'ONU entre les Etats-Unis et l’Iran, Macron cherche à calmer le jeu

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ACCORD - Le président français a affirmé mercredi que l’accord sur le nucléaire iranien n’était pas suffisant et a proposé de le renégocier, afin d’éviter que les Etats-Unis ne le dénoncent complètement.

Alors qu’une crise nucléaire est de plus en plus redoutée entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, l’ONU se passerait bien d’un nouveau point de crispation du côté de l’Iran. Mercredi, les pays signataires de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien étaient réunis pour tenter de trouver une solution au problème introduit par les Etats-Unis, qui menacent de le dénoncer.


Le texte, censé garantir le caractère strictement civil et pacifique du programme nucléaire iranien en échange de la levée progressive des sanctions contre Téhéran, est considéré par Donald Trump comme "l’une des pires transactions dans laquelle les Etats-Unis soient jamais entrés". Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a lui ajouté qu’il y avait "de gros problèmes". "Malheureusement, depuis l’accord nous n’avons pas constaté que la région (le Moyen-Orient, ndlr) est devenue plus stable et pacifique", a-t-il ajouté, pointant du doigt le soutien de l’Iran au régime de Bachar al-Assad en Syrie, des cyber-attaques ainsi que le développement du programme de missiles balistiques de l’Iran.

Macron veut compléter le texte, mais pas le renégocier

Donald Trump a également dénoncé l’échéance 2025, à laquelle les premières restrictions sur le programme nucléaire iranien seront levées. Il est accompagné dans ce sens par Emmanuel Macron. Le président français a par ailleurs indiqué que l’accord n’est pas "suffisant" au regard de "la pression croissante que l’Iran exerce dans la région". Il préconise de compléter le texte, sans parler de renégociation. Une façon de rassurer les Américains, en évitant de braquer les Iraniens.


Présent à l’Assemblée générale de l’ONU, le président iranien Hassan Rohani a voulu couper court à toutes velléités de réouverture des discussions. "Chaque mot de chaque moindre phrase" de l’accord a déjà été négocié par les signataires et "retirer une seule brique ferait s’effondrer tout l’édifice", a-t-il indiqué. Selon lui, traiter avec un gouvernement américain qui choisirait de "bafouer ses engagement internationaux" serait une "perte de temps".

L'ombre de la Corée du Nord

Face à ce qui se présente de plus en plus comme une impasse, la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini a préféré calmer le jeu. "L’accord fonctionne […]. Nous avons déjà une crise nucléaire, nous n’avons pas besoin d’une deuxième", a-t-elle affirmé, en référence à la Corée du Nord. 


Dans toutes les têtes, le sujet de la Corée du Nord est intimement lié à celui de l’Iran. Nombreux diplomates et observateurs dont l’espoir est de voir Pyongyang revenir à la table des négociations à propos de son propre programme nucléaire craignent les répercussions que pourrait avoir la volte-face des Etats-Unis. Pour certains, les Nord-Coréens observeraient l’Iran pour envisager leur propre sort s’ils acceptaient de renoncer à l’arme nucléaire. Pour d’autres, une position dure des Américains les mettrait en position de force pour d’éventuelles négociations avec le régime de Kim Jong-Un. 

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