Obama augmente le salaire minimum et défie les républicains

Obama augmente le salaire minimum et défie les républicains

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ETATS-UNIS - Dans son discours annuel sur l'état de l'Union, le président américain a annoncé une hausse de près de 40% du salaire minimum fédéral. Une mesure déjà descendue en flammes par les républicains, majoritaires au Congrès.

Barack Obama bien décidé à s'affranchir de son opposition. Dans son discours annuel sur l'état de l'Union, le président américain s'est livré mardi soir à une véritable déclaration d'indépendance à l'égard du Congrès, devant lequel il s'exprimait. Pas un hasard, au terme d'une année 2013 particulièrement tendue durant laquelle les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants, ont entravé voire bloqué plusieurs projets présidentiels (réforme de l'assurance maladie, législation sur les armes...). Un bras de fer qui avait connu son paroxysme à l'automne, avec plus de deux semaines de blocage du gouvernement fédéral ("shutdown").

En ce début d'année, le Président a donc prévenu : il ne se laissera pas lier les mains pour la seconde moitié de son dernier mandat. "Les Etats-Unis ne restent pas immobiles, et moi non plus. Donc, quand je pourrai prendre des mesures sans passer par la voie législative pour améliorer les chances pour davantage de familles américaines, c'est ce que je ferai", a-t-il martelé, même si sa marge de manoeuvre reste très limitée. Exemple avec cet avertissement au sujet des négociations sur le programme nucléaire de l'Iran : "Que ce soit clair : si le Congrès m'envoie maintenant une nouvelle loi de sanctions qui menace de faire dérailler ces pourparlers, j'y mettrai mon veto".

"Donnez une augmentation à l'Amérique !"

Combattif, donc, Barack Obama a ouvert dès mardi soir un nouveau front dans cette bataille : le salaire minimum. "Donnez une augmentation à l'Amérique!" ("Give America a raise"), a-t-il lancé depuis sa chaire, dans une de ces formules-slogans dont il a le secret. Concrètement, le Président a annoncé un décret portant le salaire minimum des employés fédéraux de 7,25 à 10,10 dollars de l'heure. Soit une hausse de près de 40%, qui relance une politique de la demande parfaitement assumée : "Cela aidera les familles, cela donnera aux ménages plus d'argent pour consommer".

Pour que la mesure s'étende aux 3,6 millions d'Américains payés actuellement à ce tarif, le Président a exhorté les parlementaires à lui emboîter le pas : "Le Congrès doit être de la partie". Sachant pertinemment que, plus tôt dans la journée, le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, avait d'emblée dénoncé 
une "mauvaise mesure". "Quand vous augmentez le coût d'une chose, vous en avez moins", avait-il déclaré, assurant qu'une augmentation se traduirait par des pertes d'emplois.

L'opposition à sa politique s'annonce donc encore âpre pour le Président. Et ce, en pleine année électorale : toute la Chambre et le tiers du Sénat seront en effet renouvelés en novembre prochain. Or pour l'heure, ses alliés démocrates semblent mal partis pour reconquérir une majorité. Mais en lançant une mesure aussi clivante, il place chaque camp en face de ses responsabilités. Et selon un sondage réalisé en juillet dernier, 80% des Américains interrogés sont favorables à une telle augmentation du salaire minimum. Dans son duel face aux républicains, Barack Obama replace donc un arbitre au centre : le peuple.

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