Obama, anti-Trump jusqu'au bout

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AU REVOIR - Le président américain a tenu, mercredi 18 janvier, la dernière conférence de presse de son mandat. Et, sur l'essentiel des sujets abordés, celui qui quittera la Maison Blanche le 20 janvier a peaufiné son image d'anti-Trump.

C'est la plus importante des dernières, pour le président Barack Obama. Mercredi 18 janvier, il s'est adressé pour la dernière fois à la presse en conférence à la Maison Blanche, alors que son successeur, le républicain Donald Trump, sera investi, vendredi 20 janvier.

Un des premiers points de la conférence de presse a bien évidemment été la libération annoncée de Chelsea Manning, ancienne soldate, emprisonnée alors qu'elle s'appelait encore Bradley, pour son rôle dans la fuite de documents secrets publiés par WikiLeaks. En 2009, cette dernière avait été condamnée à 35 ans de prison pour haute trahison. Mardi 17 janvier, en même temps que des dizaines d'autres personnes, il a annoncé sa grâce, et sa libération en mai 2017 : "Elle a purgé une dure peine de prison", a justifié le président, et "justice a été rendue".


Mais l'ensemble de la conférence de presse a ressemblé à un vaste plaidoyer anti-Donald Trump, alors que le futur président semble avoir pour but d'effacer les réformes de Barack Obama, notamment celle portant sur l'assurance maladie.

"L'escalade du discours anti-américain"

Ainsi des relations avec la Russie, dont Donald Trump n'a eu cesse de promettre qu'elles convergeraient vers une amitié diplomatique. La fin du second mandat de Barack Obama avait été marquée par une tension entre les deux géants. Après des soupçons d'ingérence dans l'élection présidentielle, Barack Obama avait notamment déclaré "persona non grata" 35 membres des services de renseignement russes.


Et s'il a tempéré ses propos ce mercredi en déclarant qu'"il est dans l'intérêt de Washington d'avoir des liens constructifs avec Moscou", il a dénoncé une "escalade du discours anti-américain" en Russie lorsque Vladimir Poutine est revenu à la présidence en 2012, menant à une relation Washington-Moscou plus "antagonique" et "difficile".

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Sur Israël : "Il faut réfléchir"

Concernant le Proche-Orient, Barack Obama a prévenu Donald Trump de ce que la situation entre Israël et la Palestine était "explosive". déclaré que le statu quo est "dangereux pour Israël et mauvais pour la région". "Il me semble qu'il est normal qu'un nouveau président examine toutes les hypothèses. Il faut réfléchir, il ne faut pas agir avec emportement sur ce sujet-là". 


Un conseil adrssé semble-t-il à son successeur, qui a multiplié les déclarations enamourées à l'égard d'Israël, notamment au moment où l'Etat hébreu faisait l'objet d'une résolution de l'Onu, sans opposition américaine, exigeant la fin de la colonisation de Jérusalem-Est. Parmi celles-ci, la promesse d'installer l'ambassade américaine à Jérusalem et non plus à Tel-Aviv.

"Je veux être silencieux", sauf si...

Evidemment, la dernière conférence de presse du président démocrate était également concentrée sur ce que ce dernier comptait faire, une fois quittée la Maison Blanche.  "Je veux écrire, je veux être silencieux, je veux passer du temps avec mes filles". Une attitude qui semble dans le droit fil du silence que s'imposent les anciens présidents au sujet de l'action de leur successeur ?


Point du tout ! "Je reste un citoyen. Je prendrai la parole si 'les valeurs fondamentales de l'Amérique sont en jeu"' citant la discrimination, le droit de vote, la liberté de la presse ou l'immigration. La semaine passée, la presse américaine se faisait également l'écho de ce que Barack Obama, dont la fameuse assurance maladie ("Obamacare") est en voie d'être détricotée par le Congrès américain, n'entendait pas laisser son mandat être effacé, comme l'a déclaré Donald Trump à de nombreuses reprises.

"Merci les journalistes. Et bonne chance"

Très cordiales, les relations entre journalistes et Obama vont devenir, selon toute probabilité, exécrables au moment où Donald Trump arrivera à la Maison Blanche. Ce à quoi le futur-ex n'a pu s'empêcher de faire référence. Ainsi a-t-il commencé sa conférence en saluant son public : "Je veux vous remercier ; vous avoir dans ce bâtiment a permis à cet endroit de mieux fonctionner". Une pique à la prochaine administration, qui a d'ores et déjà prévu d'expulser les journalistes de la Maison Blanche.


Et comme un message de soutien aux journalistes à la fin de sa conférence, il leur a adressé : "Bonne chance". Le prochain locataire, qui les a régulièrement menacés de procès, les a traités de presse-poubelle ou leur a reprochés d'écrire de fausses informations, risque d'être moins accomodant.

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