Océan Indien : ce qu'il faut savoir sur la marée noire à l'Ile Maurice

Océan Indien : ce qu'il faut savoir sur la marée noire à l'Ile Maurice
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POLLUTION - Alors qu'un vraquier s'est échoué fin juillet près des côtes de l'île Maurice, une fuite d'hydrocarbures est observée depuis jeudi, faisant craindre une catastrophe écologique. Voici ce que l'on sait sur cette pollution marine.

Les autorités mauriciennes sont en alerte. Les lagons de cette île paradisiaque, haut-lieu du tourisme international, sont en effet menacés depuis l'échouage d'un vraquier, le MV Wakashio, le 25 juillet dernier, sur un récif de la côte sud-est.

Jeudi, le bateau s'est affaissé sur l'arrière prenant l'eau de toutes parts, et faisant craindre qu'il ne se brise totalement.

Que transportait le navire ?

Le vraquier, appartenant à un armateur japonais mais battant pavillon panaméen, voyageait à vide mais transportait 200 tonnes de diesel et 3.800 tonnes d'huile lourde, selon la presse locale. Ces hydrocarbures commencent à s'échapper de la coque en raison d'une "fissure dans le navire", a indiqué le ministère mauricien de l'Environnement dans un communiqué. "Nous sommes dans une situation de crise environnementale", a reconnu le ministre en conférence de presse. Il a demandé au public de ne pas s'aventurer sur les plages et dans les lagons alentour.

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"C'est la première fois que nous sommes confrontés à une catastrophe pareille et nous ne sommes pas suffisamment équipés pour traiter ce problème", a prévenu le ministre de la Pêche, Sudheer Maudhoo. Selon lui, toutes les tentatives pour stabiliser le navire ont échoué en raison des mauvaises conditions en mer. Les efforts pour pomper les hydrocarbures se sont également jusqu'ici révélés infructueux.

Si le bateau finit par se briser, cela pourrait entraîner une fuite encore plus importante d'hydrocarbures et des dommages colossaux en mer et sur le littoral, redoutent les écologistes. Une course contre la montre est donc lancée. Le quotidien Le Mauricien rapportaient vendredi que "le pays est passé en urgence environnementale", selon un communiqué publié à l’issue de la réunion du Cabinet des ministres. 

Quels sont les moyens de lutte mis en place ?

La population ainsi que des ONG participent activement au nettoyage des côtes déjà lourdement touchées par la pollution. Plusieurs mètres de bouées anti-pollution faites de paille de cannes - appelées "boom" - ont ainsi été confectionnées par des bénévoles à Mahébourg afin de contenir du mieux possible la marée noire. Des personnalités politiques de l'opposition ont également appelé la population à se mobiliser.

Tous les moyens sont bons pour contenir cette pollution. Même les plus modestes. Des collectes de cheveux, sacs et tissus ont par exemple été organisées dans le cadre de l'opération "Clean-Up" des eaux mauriciennes. Les ONG mettent en effet en avant les capacités d'absorption des cheveux au contact du fioul.

De leurs côtés, les autorités mauriciennes entendent faire leur maximum afin de pomper l’huile des deux réservoirs restants. Un navire en provenance de la Grèce est attendu pour participer aux opérations. "Nous faisons tout pour protéger les sites sensibles, comme la réserve marine de Blue Bay, l’Ile Aux Aigrettes, ou encore les zones humides de Pointe d’Esny", a indiqué le premier ministre alors que des traces de pollution aux hydrocarbures sont déjà visibles. 

La France au soutien

Le gouvernement mauricien s'est par ailleurs tourné vers les autorités françaises de l'île de la Réunion voisine pour obtenir de l'aide. Emmanuel Macron y a répondu favorablement ce samedi matin en annonçant l'envoi d'équipes et de matériel. "Nous déployons dès à présent des équipes et du matériel depuis La Réunion", a tweeté le président français, en notant que "lorsque la biodiversité est en péril, il y a urgence d'agir. La France est là. Aux côtés du peuple mauricien". 

Un avion tactique de transport militaire effectuera ainsi deux rotations à destination de Maurice. Il transportera notamment du matériel POLMAR, dont notamment des barrages côtiers. Le Champlain, bâtiment de la Marine nationale, est mobilisé pour convoyer de son côté du matériel complémentaire (dont plusieurs types de récupérateurs ainsi que des barrages absorbants et hauturiers).

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Les services de prévision marine de Météo France ont effectué à partir de MOTHY, logiciel dédié à la prévision de dérive d’hydrocarbure, une simulation de dérive de la nappe. Au regard des conditions météorologiques et de courant sur 3 jours, la pollution devrait rester localisée sur les côtes mauriciennes et ne toucherait pas la côte réunionnaise, a indiqué vendredi la préfecture.

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