Offensive en Syrie : Turcs et Kurdes s'accusent d'utiliser des armes non conventionnelles

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Offensive turque contre les forces kurdes en Syrie

CONFLIT - Les autorités kurdes en Syrie ont accusé jeudi la Turquie d'utiliser des armes non conventionnelles comme le napalm dans le nord de la Syrie. Ankara a nié, reprochant aux forces kurdes "d'utiliser elles-mêmes" des armes chimiques.

Quand la guerre se joue aussi sur le terrain de la communication. Une semaine après le début de l'offensive turque en Syrie contre une milice kurde, les deux camps s'accusent mutuellement d'utiliser des armes non conventionnelles.  

"En violation flagrante du droit et des traités internationaux, l'agression turque contre (Ras al-Aïn) est menée avec tout type d'armes", a fustigé jeudi dans un communiqué l'administration semi-autonome kurde. Et d'ajouter : "Face à l'échec évident de son plan, (le président turc Recep Tayyip) Erdogan a recours aux armes interdites internationalement, comme le phosphore ou le napalm." 

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Accusations contre accusations

Des accusations qui restent à confirmer : celles-ci n'ont pas pu être vérifiées de manière indépendante. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui dispose d'un vaste réseau de sources sur le terrain, ne pouvait pas non plus jeudi confirmer l'usage de ces armes. Mais l'ONG "a recensé des blessés souffrant de brûlures qui sont arrivés à l'hôpital de Tal Tamr ces deux derniers jours", a indiqué le directeur de l'Observatoire, Rami Abdel Rahmane, évoquant une localité proche de Ras al-Aïn.

Des responsables kurdes ont posté sur les réseaux sociaux une vidéo montrant des enfants souffrant de brûlures qui, selon un médecin de la province de Hassaké, peuvent corroborer l'usage de telles armes. "Nous appelons les organisations internationales à envoyer leurs équipes pour examiner les blessures", a indiqué Moustafa Bali, un porte-parole des Forces démocratiques syriennes (FDS), principale coalition dominée par les forces kurdes.

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Du côté turque, l'heure est au démenti. "Tout le monde sait qu'il n'y a pas d'armes chimiques dans l'arsenal des forces armées turques", a réagi à Ankara le ministre de la Défense turc Hulusi Akar devant des journalistes. Mais surtout, ce dernier a accusé les forces kurdes "d'utiliser elles-mêmes" les armes chimiques dans le but d'accuser Ankara. 

Des armes chimiques qui, depuis le début en 2011 du conflit qui ravage la Syrie, reviennent fréquemment dans l'actualité. Le terme napalm a ainsi été utilisé pour décrire les bombes incendiaires fabriquées à base de substances similaires au napalm. Le phosphore blanc, lui, peut être utilisé notamment pour créer un écran de fumée, mais il peut aussi servir à la fabrication d'armes incendiaires meurtrières, une utilisation interdite par le droit international.

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