Omran, le petit Syrien devenu symbole de la guerre, vit toujours à Alep et prépare sa première rentrée

Omran, le petit Syrien devenu symbole de la guerre, vit toujours à Alep et prépare sa première rentrée

RETROUVÉ - L'année dernière, Omra est devenu, malgré lui, un symbole de la guerre en Syrie. Sa photo, prise après qu'il a été sauvé des décombres de sa maison, a fait le tour du monde. Depuis, il tente de retrouver une vie normale et s'apprête à faire sa première rentrée. Nos confrères de France 2 l'ont retrouvé à Alep.

Le 17 août dernier, une bombe s'abat sur une maison d'Alep. Un drame devenu banal dans cette ville divisée entre les forces au pouvoir et les rebelles syriens. Sous les décombres, Omran, 5 ans. Ce petit garçon est pris en charge par les secours, un instant immortalisé par une photographie qui fera bientôt le tour du monde. Assis dans l'ambulance, sous une couche de poussière, il a le visage en sang, les cheveux ébouriffés, le regard hébété.

Un an après cette terrible nuit, des journalistes de France 2 ont retrouvé sa trace. Omran vit toujours à Alep. Ses souvenirs sont assez flous : "Je me rappelle juste que la lumière s'est éteinte d'un seul coup et que le portable de papa était cassé", raconte-t-il. Avant d'affirmer, timidement : "Je n'ai pas eu peur". 

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Si le petit garçon s'en sort avec des blessures superficielles, sa vie change. Les insurgés tentent d'en faire un symbole de la violence gouvernementale. Certains lui proposent jusqu'à 10.000 euros pour réaliser de nouveaux clichés et se voir accorder une interview. Mais son père s'efforce de le tenir éloigné de toute médiatisation. "Je ne cherchais pas la publicité", explique aujourd'hui Mohammed Daqneesh. "Je ne voulais pas qu'on l'utilise de cette façon-là." Pour que l'on ne le reconnaisse plus, il lui rase la tête et change son prénom en "Amada". Le stratagème fonctionne, Omran disparaît des radars pendant six mois.

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Etonnamment, il réapparaît à la télévision syrienne. Son père prend alors position pour les forces de Bachar al-Assad face caméra. Depuis, toutes les demandes d'interview sont gérées par le ministère de l'Information, celle de France 2 comprise. Une surveillance permanente qui pousse les opposants au régime à penser que Mohammed Daqneesh a subi des pressions. Lui assure qu'il n'en est rien et lâche qu'il "tente d'oublier ce qui s'est passé cette nuit-là, il faut tourner la page."

Omran, de son côté, prépare sa première rentrée scolaire. Plus tard, il veut devenir "tourneur-fraiseur, comme papa".

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