"On ne baratine pas un baratineur" : Biden et la Russie, 50 ans d'une relation si particulière

"On ne baratine pas un baratineur" : Biden et la Russie, 50 ans d'une relation si particulière

DIPLOMATIE - Joe Biden rencontre ce mercredi Vladimir Poutine lors d'un sommet à Genève. Objectif : apaiser les tensions avec la Russie. Un pays que le président américain connait très bien, lui qui s'est rendu sur place la première fois en 1973, à l'âge de 31 ans.

"Je lui ai dit : "Je vous connais et vous me connaissez, si j'en viens à la conclusion que vous avez fait cela, soyez prêt pour les conséquences." Interrogé en mars dernier sur les ingérences électorales de Moscou en 2016 et 2020, Joe Biden s'était offert la première crise diplomatique de son mandat en menaçant ouvertement Vladimir Poutine. Tout sauf un couac de celui qu'on surnomme parfois "Joe la gaffe" : le président est un expert chevronné de la Russie, pays qu'il connait (très) bien. Et envers lequel il n'a jamais mâché ses mots.

Son "je vous connais et vous me connaissez" adressé à son homologue russe résume en quelques mots un demi-siècle de labeur au service de la diplomatie américaine en Russie. Et pour cause : sa première visite remonte à 1973. Fraichement élu sénateur, le démocrate de 31 ans s'envole en effet pour Moscou, à l'heure où la "détente"  américano-soviétique a été amorcée l'année précédente par Richard Nixon et Leonid Brejnev. Au cœur des discussions ? La préparation du traité SALT (Strategic Arms Limitation Talks), destiné à limiter l’armement nucléaire des deux puissances.

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"On ne baratine pas un baratineur"

Quelques années plus tard, en 1979, le sénateur retourne sur le sol moscovite. L'allègement de l'arsenal des deux pays est toujours le sujet phare, le président Carter ayant signé avec Brejnev un nouveau traité de désarmement, SALT II. Ces quelques jours à Moscou, Joe Biden en fera le récit dans ses Mémoires publiées en 2007 :  quand le Premier ministre Kossyguine l'assure que les Soviétiques respectent les accords SALT, le sénateur n'en aurait pas cru un mot : "On ne baratine pas un baratineur" ('You can’t shit a shitter"), aurait-il répondu. 

Il faut attendre 1988 pour que Joe Biden, toujours sénateur, retourne en URSS. Cette fois-ci pour plancher sur le traité sur les forces nucléaires de portée intermédiaire (FNI), signé fin 1987 par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev. Fait notable : le démocrate est accompagné de son fils Hunter durant sa rencontre avec Andreï Gromyko, président du Soviet suprême. Une rencontre qui sera d'ailleurs extirpée des archives par des médias russes, en novembre 2020, pour se moquer de l'âge du nouveau président des Etats-Unis…

Le retour à "une mentalité de Guerre froide"

Après la chute de l'URSS, Joe Biden gravit les échelons du Sénat américain et devient le patron de l'influente commission des Affaires étrangères. Il faut attendre 2011 et son arrivée à la vice-présidence des Etats-Unis pour le voir retourner en Russie. A l'époque, la signature en 2010 d'un nouveau traité de désarmement nucléaire, le "reset" prôné par Barack Obama dans les relations entre les deux géants tourne court. En août 2013, Moscou accorde l'asile politique au fugitif américain Edward Snowden. Quelques jours plus tard, Obama annule un sommet avec le président Poutine, déplorant un retour à "une mentalité de la Guerre froide".

Un air de Guerre froide que l'on retrouve dans les souvenirs de Joe Biden. En 2014, le vice-président Biden relate pour le New Yorker un tête à tête avec Vladimir Poutine. "Je lui ai dit : "Monsieur le Premier Ministre, je vous regarde au fond des yeux, et je ne pense pas que vous avez une âme.'" Dixit Joe Biden, son homologue lui aurait répondu sur le même ton : "Nous nous comprenons l’un l’autre." Ambiance.

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