#OperationPeaceSpring face à #TurkishInvasion : quand l'offensive en Syrie envahit les réseaux sociaux

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Offensive turque contre les forces kurdes en Syrie

GUERRE EN LIGNE - Depuis le début de l'offensive turque contre les Kurdes en Syrie, une autre guerre se mène sur les réseaux sociaux. Les deux camps diffusent massivement messages, photos et vidéos, pour provoquer l'empathie des Occidentaux ou critiquer le camp adverse. Une propagande 2.0?

Vendredi soir, la communauté kurde à travers le monde a promis de lancer une campagne de tweets à partir de 20h, afin d'alerter l'opinion publique sur ce qu'elle considère comme le "massacre" de Kurdes par la Turquie. Le hashtag, qui sera donné "cinq minutes avant", s'inscrit dans une bataille sur les réseaux sociaux qui dure désormais depuis mercredi soir.

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Cent #Rojava toutes les deux minutes

#OperationPeaceSpring face à #TurkishInvasion. Ou comment mettre face-à-face la promesse de "paix" de la Turquie et les accusations "d'invasion" venant des Kurdes. Depuis le début de l'offensive turque en Syrie, la guerre de position se joue aussi sur les réseaux sociaux. Et ce jusqu'en France. Une jeune Kurde de Paris nous explique ainsi comment elle utilise cet outil afin "d’alerter" sa génération, en France, de la situation sur place. "Nous avons beaucoup de mal à sensibiliser les autres jeunes", défend-t-elle ainsi. Alors, ce vendredi après-midi, cent tweets comprenant le hashtag Rojava, du nom donné à la région au nord-est de la Syrie contrôlée par les Kurdes, était partagé toutes les deux minutes, selon la mesure d’audience d’Union Metrics. 

Un message du compte "Info Rojava-Kurdistan", permet de prendre l’ampleur de ce phénomène. Il est le principal compte français à partager du contenu avec #Rojava. Une audience qui en fait une cible des "attaques" de comptes turcs voulant lui faire cesser son activité, selon ses dires. Les personnes derrière le compte estiment en effet qu’il pourrait bien être "abattu". Un champ lexical guerrier symbolisant ce front ouvert sur les réseaux sociaux mitraillés de messages et vidéos. 

Des photos invérifiables ... ou fausses

Guerre de tweets et guerre d'images. Des photos d’enfants qui pleurent, des corps mutilés, de personnes âgées en difficulté.  Chaque camp tente d’attiser l’empathie envers ses combattants et la haine envers ses adversaires. 

Ainsi, une photo d'une jeune fille, jambe mutilée, est massivement partagée depuis jeudi. Si de nombreuses photos de la fillette et de son frère, qui n’a pas survécu, sont diffusées , aucune d’entre elles ne l'a été avant le début des affrontements. Cette photo est, en l’état, invérifiable, mais est grandement similaire à une scène dont un reporter du Monde a été témoin, parlant d'une "fillette de cinq ans" à "la jambe en lambeaux" dont "le frère est arrivé mort à la clinique".

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Côté turc, on profite de cette bataille de l’image pour décrédibiliser les critiques Kurdes. Car certaines vidéos partagées sont fausses. Sur Twitter, une agence de presse gouvernementale cite notamment une vidéo partagée par des comptes pro-Kurdes dénonçant les "bombardements aveugles" de la Turquie. Mais elle n’a eu lieu ni au bon endroit ni la bonne année. Elle date en réalité d'avril 2017 lors d'un attentat du groupe État Islamique en Égypte.

Avec l'absence ou la quasi-absence de journalistes sur place, la désinformation se fait aussi du côté turc. Une photo de soldats turcs discutant et jouant avec des enfants kurdes date en réalité de la bataille d'Afrin, l’an dernier, en Syrie, comme le décrypte cet article de notre service de fact-checking A la loupe. 

Une nouvelle propagande?

Cette bataille des images est loin d’être nouvelle. Mais elle est rendue d’autant plus compliquée que, sur place, les sources fiables manquent. Côté turc, l’appareil médiatique de l’Etat diffuse des informations prônant les avantages de la stratégie de Recep Tayyip Erdogan. Le Président de la République turque avance qu'il veut "éliminer les terroristes Kurdes" avec cette opération baptisée "source de paix". Il dit notamment vouloir y créer une zone sécurisée afin d’accueillir les millions de réfugiés Syriens.

Près des affrontements, la population elle s’informe via le fil de leur smartphone. Comme l’écrit Le Monde, à la frontière avec la Turquie, "toutes les paires d’yeux du Nord-Est syrien semblent rivées sur les écrans fluorescents des téléphones avec leurs demi-vérités".

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