Oscar Pistorius pourrait très vite sortir de prison

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AFRIQUE DU SUD - Condamné en octobre dernier à cinq ans de prison pour avoir abattu sa petite amie Reeva Steenkamp, Oscar Pistorius pourrait être remis en liberté surveillée, le 21 août, après dix mois de détention. Son procès en appel se tiendra en novembre.

Il pourrait revenir libre à la barre. Oscar Pistorius, condamné en octobre dernier à cinq ans de prison ferme pour avoir abattu sa petite amie Reeva Steenkamp, pourrait être remis en liberté surveillée dès le 21 août après dix mois de détention, a indiqué ce lundi un responsable des services pénitentiaires. "La commission des libertés prendra une décision cette semaine", a précisé le commissaire des services pénitentiaires d'Afrique du Sud, qui a recommandé cette mesure.

"Je ne pense que ce soit assez pour quelqu'un qui a causé la mort d'une autre personne", avait réagi par anticipation, en mai, la mère de la victime June Steenkamp dans le Sunday Times. Même s'il sort de prison en août, l'ex-champion sud-africain d'athlétisme devra néanmoins revenir au tribunal. A la demande du parquet sud-africain, qui milite pour un verdict plus lourd, son cas sera en effet examiné en appel en novembre, a-t-on également appris ce lundi de source judiciaire. Il s'agira d'une procédure écrite, sans nouvelle convocation de témoins et uniquement sur la base du droit, non du fond. Une procédure qui s'apparente à la procédure de cassation du droit français.

Les parents de Reeva Steenkamp "ne veulent pas que M. Pistorius souffre"

D’ores et déjà, June et Barry Steenkamp, les parents de Reeva, ont réagi à l’annonce de cette sortie. "Ils sont choqués, parce que ça ne fait même pas 10 mois, et il va déjà sortir sur parole en août prochain », rapporte leur avocate, Tania Koen au site Eyewitness News . D’après elle, ses clients ont pardonné au meurtrier, mais ils estiment que 10 mois de prison n’est pas suffisant. Pour Zach Modise, le patron de la prison, Oscar Pistorius a bien respecté toutes les conditions de sa condamnation : "Il devait subir des programmes particuliers, pour qu’il réussisse à canaliser sa colère. Etant donné qu’il a accompli tous ces programmes, il a été recommandé de le relâcher."

Les parents de Reeva Steenkamp ont envoyé une demande à la Commission de libération conditionnelle : "Nous avons pardonné à M. Pistorius, bien qu’il ait pris la vie de notre fille si précieuse, Reeva. Nos vies ne seront jamais les mêmes, et la tristesse de sa mort nous accompagnera chaque jour. Reeva avait tant à offrir au monde (…). Nous, sa famille, ne cherchons pas à venger sa mort, et ne voulons pas que M. Pistorius souffre, cela ne nous la rendra pas", écrivent-ils. "Cependant, une personne qui a été reconnue coupable d’un crime doit rendre des comptes pour ses actions. Les statistiques montrent que notre société subit des attaques continuelles de criminels et meurtriers. Un emprisonnement de 10 mois pour ôter la vie à quelqu’un n’est tout simplement pas suffisant. Nous craignons que cela n’envoie pas le bon message et n’ai pas l’effet dissuasif escompté."

Le parquet estime que la loi a été mal interprétée

La jeune mannequin Reeva Steenkamp avait 29 ans quand Oscar Pistorius l'a abattue, durant la nuit de la Saint-Valentin 2013, en tirant quatre balles de gros calibre sur la porte de sa salle de bains où elle se trouvait. L'athlète paralympique clame depuis le début l'avoir tuée par accident, la prenant pour un cambrioleur et en première instance, le tribunal a estimé n'avoir pas assez d'élément pour rejeter cette version, le condamnant pour "homicide involontaire".

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Le parquet estime cependant que la loi a été mal interprétée et que Pistorius aurait dû être condamné pour "meurtre", passible d'une peine bien plus lourde, dès lors qu'il a lui-même reconnu qu'il pensait qu'un être humain se dissimulait derrière la porte des toilettes qu'il a criblée de balles. Toute la question est de savoir si l'athlète, sextuple médaillé d'or, avait conscience qu'il pouvait tuer quelqu'un. Ou si, au contraire, la juge a eu raison en septembre 2014 de décider qu'il avait seulement fait preuve de "négligence".

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