Ouganda : un homosexuel britannique expulsé par la justice

Ouganda : un homosexuel britannique expulsé par la justice

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HOMOPHOBIE - Accusé de "trafic d'images" homosexuelles après la publication de photos volées, Bernard Randall comparaissait mercredi devant la justice ougandaise. Si le juge a abandonné ces charges, il a ordonné l'expulsion de l'homme accusé de "corrompre les mœurs de la jeunesse".

Le vent de l'homophobie souffle décidément de plus en plus fort sur une partie du continent africain. Une semaine après la promulgation au Nigeria d'une loi condamnant l'homosexualité, un britannique gay de 65 ans s'est vu signifier son expulsion d'Ouganda. Dans ce petit pays d'Afrique centrale, les relations entre personnes de même sexe sont passibles de la prison à vie.

Bernard Randall comparaissait devant la justice ougandaise pour "trafic d'images obscènes". Se serait-il adonné à la diffusion d'images porno dans un pays où l'homosexualité est notoirement illégale ? Pas du tout : c'est un journal qui a publié, à son insu, des photos le montrant avoir des relations sexuelles avec un homme. En Ouganda, la presse a en effet l'habitude de relayer efficacement l'homophobie d'Etat : en 2011, elle avait ainsi lancé des appels au meurtre à l'encontre l'un militant LGBT, David Kato, qui avait effectivement fini assassiné.

"Nous vous aimons mais nous n'acceptons pas les rapports homosexuels"

L'accusé s'est défendu en arguant que les images en question étaient privées, et qu'elles avaient été récupérées sur son ordinateur personnel, volé lors d'un cambriolage. Admettant qu'il manquait de preuves, le tribunal a abandonné les charges de "trafic". Mais il a tout de même décidé l'expulsion du prévenu sous 12 heures, le jugeant coupable de "séjour illégal" et de "corrompre les mœurs de la jeunesse", Bernard Randall ayant "vécu comme mari et femme" avec un homme.

"En Ouganda, nous vous aimons mais nous n'acceptons pas les rapports homosexuels", a osé préciser la juge. Signe de cet amour, le président Yoweri Museveni avait bloqué mi-janvier, sous la pression internationale, une loi adoptée par le Parlement qui durcissait les sanctions contre les homosexuels. Mais le veto présidentiel s'est accompagné d'un discours très dur contre les gays, qualifiés de "malades"… 

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