Pékin accusé de stériliser de force des Ouïghours, Washington dénonce des "abus déshumanisants"

Pékin accusé de stériliser de force des Ouïghours, Washington dénonce des "abus  déshumanisants"
International

DROITS DE L'HOMME - Selon une étude publiée ce lundi, la Chine mène dans sa région du Xinjiang à majorité musulmane une politique de contrôle des naissances extrêmement coercitive avec des stérilisations forcées.

La communauté des Ouïghours victime de stérilisations forcées : c'est ce qui ressort ce lundi d'un rapport publié par la très sérieuse Jamestown Foundation. Selon cette organisation américaine, la Chine mène en effet une politique de contrôle des naissances particulièrement brutale au Xinjiang. 

Selon ce rapport supervisé par Adrian Zenz, un chercheur allemand déjà auteur de plusieurs écrits sur les pratiques de la Chine dans cette région semi-désertique du nord-ouest du pays, le nombre des naissances serait en chute libre depuis 2016. En particulier dans les deux grandes préfectures du Xinjiang, région où vivent environ 25 millions de personnes – la moitié d'entre eux étant Ouïghours.

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"Stratégie de domination ethno-raciale"

Adrian Zenz s'appuie également sur des documents administratifs chinois et des entretiens avec des femmes locales. Certaines déclarent avoir été contraintes de se faire stériliser, sous peine d'être envoyées dans des camps, selon l'étude. L'implantation d'un stérilet aurait été imposée à d'autres. La Chine semble utiliser un contrôle des naissances coercitif dans le Xinjiang dans le cadre "d'une stratégie plus vaste de domination ethno-raciale", écrit notamment le chercheur, dont le rapport a rapidement été commenté par la Maison Blanche.

Les Etats-Unis, déjà engagés dans une confrontation tous azimuts avec le géant asiatique, ont en effet appelé à "cesser immédiatement" ces "abus déshumanisants". "Nous appelons le Parti communiste chinois (PCC) à cesser immédiatement ces pratiques horribles et nous demandons à tous les pays de se joindre aux Etats-Unis pour demander qu'il soit mis fin à ces abus déshumanisants", a réagi pour sa part le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

Des accusations "sans fondement", selon Pékin

Washington, d'autres capitales occidentales ainsi que de nombreuses organisations de défense des droits de l'Homme accusaient déjà depuis plusieurs mois la Chine d'avoir interné dans la région au moins un million de musulmans, dans ce qu'elles appellent des camps de rééducation politique.

Pékin dément ce chiffre et parle de centres de formation professionnelle, destinés à aider la population à trouver un emploi et à l'éloigner ainsi de l'extrémisme et du terrorisme. Interrogé au sujet du rapport, un porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian, a réfuté lundi ces allégations, assurant qu'elles étaient "sans fondement" et que le Xinjiang était désormais "stable et harmonieux". 

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