Ouïghours : la Chine responsable de "crimes contre l'humanité", selon Amnesty international

Un drapeau chinois flotte à Yangisar, à l'ouest de la Chine, le 4 juin 2019

RÉPRESSION - Dans un rapport de 160 pages l'ONG Amnesty international dénonce les incarcérations de masses de centaines de milliers de Ouïghours, une minorité musulmane de l'ouest de la Chine.

Verra-t-on un jour des responsables chinois répondre de leurs actes devant la justice internationale ? Emprisonnements de masse, tortures, persécutions, le traitement infligé par la Chine aux Ouïghours - ainsi qu'à d'autres minorités musulmanes - constitue des "crimes contre l'humanité" selon un rapport d'Amnesty international publié jeudi.

"Les autorités chinoises ont créé un environnement dystopique cauchemardesque à une échelle stupéfiante dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang", a déclaré dans un communique Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty international. L'ONG a dévoilé des dizaines de nouveaux témoignages d'anciens détenus détaillant les "mesures extrêmes prises par les autorités chinoises pour déraciner traditions religieuses, pratiques culturelles et langues locales" des minorités musulmanes de la région.

Les États-Unis dénoncent un "génocide"

"Le gouvernement chinois a déployé des efforts extraordinaires pour dissimuler ses violations du droit international dans le Xinjiang", estime Amnesty, dont la secrétaire générale a appelé au démantèlement "immédiat" des camps et à la mise sur pied d'une enquête des Nations unies. Les États-Unis ont qualifié de "génocide" le traitement infligé par Pékin aux Ouïghours.

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Selon des experts étrangers, plus d'un million de Ouïghours, principal groupe ethnique du Xinjiang, sont détenus dans des camps de "rééducation". Des mauvais traitements qui ne s'arrêtent pas, y compris quand les personnes sont finalement relâchées. "Pendant plusieurs mois au moins après leur libération d’un camp, tous les anciens détenus font l’objet d’une surveillance électronique et physique constante", précise l'ONG. Tout comportement dit "suspect" est traqué lors de visites à domicile, comme le recours à un logiciel de communication non autorisé tel que WhatsApp.

La République populaire de Chine conteste formellement ces affirmations, assurant qu'il s'agit de centres de formation professionnelle destinés à "éloigner les Ouïghours du terrorisme".

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