"Ici, tous les frigos sont pleins" : comment les habitants de la Nouvelle-Orléans se préparent à la tempête Barry

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INONDATIONS – Les autorités américaines ont déclaré l'état d'urgence alors que la tempête tropicale Barry frappe la Louisiane et menace sa principale ville, La Nouvelle-Orléans. Des habitants racontent à LCI comment ils s'organisent pour faire face, sans céder à la panique.

Pluies diluviennes, Mississippi menaçant de sortir de son lit, rafales de vent… La Nouvelle-Orléans, en Louisiane, s’apprête à être balayée par la tempête Barry. Mais pas de panique : la ville s’est préparée à l’impact. Sur place, Géraldine et Alexandre sont sereins. Ils nous décrivent des préparatifs bien rodés. 

Inquiétude numéro 1 : les inondations

Principale inquiétude des autorités : les trombes d’eau qui vont s’abattre sur un Etat dont le sol est déjà saturé par de récents orages. Et dont le fleuve a d’ores et déjà atteint son niveau de crue. Le Mississippi, plus grand fleuve d'Amérique du Nord, fait ainsi peser le risque de submersion côtière sur celle qui est surnommée la "Big Easy".


Côté vent, par contre, aucune inquiétude. Barry n’a d’ailleurs passé que quelques heures en alerte ouragan, ses vents n’excédant pas les 115 km/h. C’est pourquoi dans les rues, les fenêtres ne sont ni bordées, ni protégées. 


En revanche, la ville a suivi tous les préparatifs concernant d’éventuelles inondations. Sa maire, LaToya Cantrell, a ainsi multiplié les points presse, chaque matin et chaque après-midi, afin de tenir informée la population, qui reçoit notamment des conseils et des alertes directement sur smartphone et sur les réseaux sociaux. Le dispositif anti-inondations de la ville, quant à lui, a été mis en place. Outre le réseau de digues de 6,10 mètres de hauteur, ce sont 118 pompes qui sont actives afin d’aspirer l’eau.

Si la mairie a fait de son mieux, les citoyens eux aussi ont fait leur partie du travail. Des sacs de sable ont été installés sur les paliers des commerces ou des habitations qui sont au ras du sol et chacun s’est procuré médicaments et nourriture afin de tenir au minimum trois jours. Evidemment, les véhicules, eux aussi, ont été mis à l’abri. Autres préparatifs : les habitants de la Nouvelle-Orléans ont retiré, comme le demandait la municipalité, tout ce qui pouvait obstruer les bouches d’égout.

Commerces fermés et maisons protégées

Résultat : une ville propre mais surtout une ville morte. Les routes sont fermées, aucun transport en commun ne circule et les magasins ont baissé le rideau - d’une part car ils sont généralement situés au niveau du sol, et de l’autre pour éviter que les employés ne se retrouvent coincés sur leur lieu de travail. Certains touristes ont également déserté les lieux, comme sur les Elysian Fields (les Champs-Elysées locaux), où habite Alexandre. Cet économiste témoigne d’appartements en location estivale vidés par des touristes paniqués, alors même que dans son quartier, toutes les habitations sont surélevées d’environ un mètre en prévention de ce type de phénomène. Une ambiance qui rompt avec celle d'un week-end habituel, rythmé par une vie nocturne dont la réputation n'est plus à prouver.

Des précautions qui ne sont pas de trop. Car dans cet Etat situé sous le niveau de la mer, le souvenir de Katrina est encore vif. Ici, l'ouragan avait fait plus d'un millier de morts en 2005. Alors, malgré tout, dans les rues, "on ressent une certaine angoisse", note Géraldine. Professeure de français, elle parle de ce terrible ouragan comme d’un événement "traumatique" pour les Américains.


Cependant, ni les habitants, ni les autorités ne veulent céder à la panique. Si Alexandre a un "frigo bien rempli" de provisions, il n’est "pas du tout" inquiet. Il salue d’ailleurs un hasard qui fait bien les choses. Âgés de 7 et 8 ans, ses enfants sont en vacances à Washington, ce qui lui permet de ne pas avoir à affronter leurs angoisses. Habitant à 700 mètres du Mississippi, il regrette les titres de certains journaux nationaux, qu’il juge "alarmistes". La mairie elle-même a épinglé le Washington Post sur Twitter pour l’un de ses articles jugés trop peu factuel.

Preuve qu’Alexandre est en confiance : il a fait une "petite balade à vélo" d’une demi-heure dans la matinée tandis que la veille, il dînait chez des amis. Et il n’est pas le seul. "Quand il y a une éclaircie, nous sommes nombreux à faire le tour du pâté de maisons, voir si le voisin va bien", nous confie ainsi ce Français installé depuis 2001 aux Etats-Unis.  Car aucun couvre-feu n’a été mis en place, bien qu’il ait été évoqué. "On nous a juste conseillé de rester chez nous", explique ainsi le père de famille. Ce soir, la traditionnelle parade à la veille 14-Juillet qui a lieu dans le quartier français n’a d'ailleurs – pour le moment – même pas été annulée. 

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