Pacte de responsabilité : l'embarrassant soutien de David Cameron à Hollande

Pacte de responsabilité : l'embarrassant soutien de David Cameron à Hollande

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GRANDE-BRETAGNE – David Cameron, Premier ministre britannique, a jugé vendredi que François Hollande avait choisi "la bonne voie pour augmenter les investissements et créer des emplois" avec son pacte de responsabilité. Un soutien inattendu alors que les relations entre les deux hommes demeurent houleuses.

Les inhabituelles félicitations de David Cameron ont-elles fait plaisir à François Hollande ? Le Premier ministre britannique a estimé vendredi que le chef de l'Etat français avait choisi "la bonne voie pour augmenter les investissements et créer des emplois" avec son pacte de responsabilité . Lors d'une conférence de presse commune avec François Hollande sur la base aérienne britannique de Brize-Norton, qui accueillait un sommet franco-britannique, David Cameron a jugé que les réformes récemment annoncées par le président français étaient "également bonnes pour la Grande-Bretagne", "en tant que partenaire commercial avec des centaines d'entreprises britanniques investissant en France".

Des louanges qui semblent embarrassantes de la part d'un Premier ministre conservateur à l'heure où le pacte de responsabilité du chef de l'Etat socialiste est vivement critiqué par les syndicats français. Ces derniers demeurent réticents à signer un chèque en blanc aux entreprises appelées à fournir un effort pour l'emploi, qui n'a toujours pas été chiffré, puisque les cotisations familiales patronales doivent être supprimées.

Railleries outre-Manche

La CGT a déploré lundi, lors du lancement des négociations, le manque de "contrepartie" de la part des entreprises face à la baisse annoncée du coût du travail. La FO a, de son côté, indiqué "ne pas croire" à ce pacte de responsabilité. Le Medef, enfin, a demandé au gouvernement une baisse des charges et des impôts de 60 milliards d'euros d'ici à 2017.

La politique économique de François Hollande a régulièrement été cible de railleries outre-Manche pour son manque de libéralisme. Elle contrastait de manière franche avec celle de David Cameron dont le gouvernement a fortement réduit les impôts sur les sociétés et mené un combat contre une réglementation trop lourde, accusée de pénaliser les entreprises. En juin 2012, David Cameron avait proposé de dérouler le tapis rouge aux entreprises françaises qui fuiraient l'Hexagone en raison d'une trop grande taxation. Plus récemment, dans une tribune publiée par le Times fin 2013, David Cameron s'est félicité de la politique économique menée dans son pays, égratignant de manière à peine voilée celle de ses voisins français.

Pour autant, tout n'est pas devenu rose entre les deux responsables, notamment sur le thème de l'Union européenne. A ce sujet, leurs différends ont éclaté au grand jour vendredi lors du sommet franco-britannique. François Hollande a certes pris soin d'indiquer qu'il "respectait parfaitement" le projet de son hôte d'organiser d'ici 2017 un référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE. Mais "on ne peut pas faire peser sur l'Europe le choix britannique", a tranché le chef de l'État pour qui les réformes souhaitées par Londres en préalable au référendum ne sont "pas la priorité". Une mise au point qui n'a aucunement dissuadé David Cameron de réitérer sa détermination à obtenir des dérogations et amendements aux traités européens, selon le calendrier qu'il s'est fixé. "Le référendum se tiendra d'ici la fin 2017. Il n'y a aucun doute là-dessus", a martelé le premier ministre britannique. Cette "entente pas si cordiale", comme l'ont qualifié les médias britanniques, semble pérenne.
 

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