Pakistan : la chrétienne Asia Bibi libérée mais toujours dans le pays une semaine après son acquittement

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RELIGION - La chrétienne Asia Bibi a enfin été libérée, une semaine après son acquittement et huit ans après avoir été condamnée pour blasphème. Le ministère pakistanais des Affaires étrangères affirme que la jeune femme se trouve dans "un endroit sûr".

La chrétienne Asia Bibi, qui a passé huit ans dans les couloirs de la mort pour blasphème au Pakistan, est enfin libre. Bien qu'elle est été acquittée il y a une semaine, elle était encore incarcérée jusqu'à ce mercredi 6 novembre. C'est son avocat Saif ul-Mulook qui a, le premier, confirmé à l'AFP la nouvelle : "Elle a été libérée. On m'a dit qu'elle était dans un avion mais personne ne sait où elle va atterrir". 


Une information qui a depuis été confirmée par le personnel de la prison de Multan - où Asia Bibi était détenue - qui dit avoir reçu l'ordre de libération mercredi 6 novembre dans la journée. 

Si l'on ignore sa position exacte, vraisemblablement pour des raisons de sécurité, le ministère pakistanais des Affaires étrangères a fait savoir par la voix d'un porte-parole qu'Asia Bibi se trouvait dans un "endroit sûr" mais dans le pays. "Elle est toujours au Pakistan", a-t-il indiqué, alors que des médias avaient fait état d'un départ pour l'étranger.  

Le mari d'Asia Bibi en appelle à Trump, May et Trudeau

Samedi dernier, le mari d'Asia Bibi a réclamé l'asile pour sa famille aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou au Canada, expliquant que les proches de la Pakistanaise courraient un trop grand danger s'ils restaient au Pakistan. "Je demande au président Donald Trump de nous aider à partir. Après cela, je demande à la Première ministre britannique (Theresa May) de faire de son mieux pour nous aider", a déclaré Ashiq Masih dans un message vidéo, sollicitant également l'"aide" du Premier ministre canadien Justin Trudeau.

L'affaire Bibi divise fortement le Pakistan. Après son acquittement par la justice, des manifestations islamistes ont bloqué le pays pendant trois jours, en réclamant son exécution. Ils ont ainsi réussi à obtenir du gouvernement un accord controversé, signé du Premier ministre Pakistanais. L'exécutif s'est engagé à lancer une procédure visant à interdire à Asia Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer une requête en révision du jugement d'acquittement. Mais à son tour, l'accord a soulevé une vague de reproches de la part de nombreux Pakistanais.


Cette affaire qui est très suivie à l'international a émue plusieurs politiques français. Lundi 5 novembre, la maire de Paris Anne Hidalgo s'est dite "prête à l'accueillir" avec sa famille dans la capitale française. Puis à son tour le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a déclaré ce mercredi 6 novembre que la France "oeuvrait à son exfiltration" et que le pays était prêt à l'accueillir.

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