"Panama Papers" : ce que l'on sait du scandale jusque-là

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SCANDALE XXL - Une enquête planétaire, réalisée par une centaine de médias sur 11,5 millions de documents, révèle des avoirs dans les paradis fiscaux d'au moins 140 personnalités de premier plan, dont des dirigeants politiques. En France, un millier de personnes seraient concernées, une enquête a été ouverte. Voici les derniers développements de l'affaire.

 Enquêtes en série
La justice française a ouvert lundi une enquête préliminaire pour "blanchiment de fraudes fiscales aggravées", à la suite des révélations dans l’affaire "Panama Papers". Les systèmes d'évasion fiscale dévoilés dans cette vaste enquête journalistique internationale sont "susceptibles de concerner des résidents fiscaux français", justifie le parquet financier dans un communiqué. L'enquête est confiée à l'Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales (OCLCIFF). L'émission Cash Investigation diffusée mardi sur la chaîne France 2 assure ainsi dévoiler des informations sur l'ancien ministre Jérôme Cahuzac, le député-maire du parti Les Républicains (LR) de Levallois-Perret Patrick Balkany, ou encore l'homme d'affaires Patrick Drahi.

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De son côté, le parquet espagnol a ouvert une enquête pour blanchiment d'argent contre le cabinet d’avocats Mossak Fonseca mis en cause dans ce vaste dossier de fraudes fiscales. Les investigations reviennent au parquet de l'Audience nationale, juridiction spécialisée notamment dans la grande délinquance économique et financière. L’enquête va concerner les activités de blanchiment au profit de clients du cabinet panaméen résident en Espagne. Les Pays-Bas ont pour leur part également indiqué qu'ils allaient ouvrir une enquête sur les révélations de l'ICIJ.

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 Bercy va demander la transmission du fichier "Panama Papers"
Les ministres des Finances, Michel Sapin, et du Budget, Christian Eckert, ont indiqué dans un communiqué qu'ils allaient, "en application des conventions fiscales qui lient la France à ses partenaires, solliciter la transmission du fichier "Panama Papers" révélé par la presse. Après vérification des informations, la France procédera à un "redressement des impôts éludés" et "appliquera des pénalités, notamment pour la détention de comptes non déclarés à l'étranger ou de société écran permettant d'échapper à l'impôt". Bercy souligne aussi la possibilité de saisir la justice pénale "d'affaires de blanchiment de fraude fiscale". La France avait annoncé en décembre que, "faute de progrès rapides dans les réponses aux demandes d’assistance des autorités françaises, la France inscrirait Panama sur la liste des Etats
et territoires non coopératifs".

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 François Hollande promet des enquêtes
François Hollande a réagi aux révélations lundi matin, assurant que "toutes les informations qui seront livrées donneront lieu à des enquêtes des services fiscaux (...) Toutes les enquêtes seront diligentées, toutes les procédures seront instruites et les procès auront lieu." Le chef de l'Etat a ajouté : "C'est une bonne nouvelle que nous ayons connaissance de ces informations car cela nous fera de nouvelles rentrées fiscales".

 Les autres réactions politiques
Parmi les autres réactions, celle de France Fillon (LR) sur France Info, selon qui "c'est du teasing pour l'instant", mais qui estime que "la fraude fiscale doit être combattue". Sur LCI, Jean-François Copé (LR) s'est également montré prudent, jugeant que, "comme toujours, il y a ceux qui le font de manière illégale, et ceux qui le font de façon légale". Les deux responsables ont assuré que leurs noms ne figureraient pas dans ces listes. Sur BFMTV, François Bayrou a assuré que son parti, le Modem, ne serait pas concerné. Dans une tribune à L'Obs, le député PS Yann Galut se dit "pas réellement surpris par la nature de ce nouveau scandale", mais se dit "marqué par l'ampleur du scandale". "A ce niveau, dit-il, on peut véritablement parler de pratiques menées à une échelle industrielle." 

Le fondateur du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, a estimé de son côté qu'il fallait "publier la liste intégrale des fraudeurs", jugeant que l'affaire "montre que ce monde est organisé par et pour les puissants".


 Quels sont les noms révélés jusqu'ici ?
Sportifs, hommes politiques, milliardaires... Les noms de personnalités dévoilés dimanche 3 avril donnent le vertige.

Dans le monde : on dénombre 12 chefs d'Etats dont 6 sont encore en activité, et 29 des 500 personnes les plus riches du monde, selon le classement de Forbes. Ainsi, on y retrouve des proches de Vladimir Poutine - le Kremlin parlait de "spéculations" ce lundi, le président ukrainien Petro Poroshenko, le footballeur argentin Lionel Messi, le cinéaste Pedro Almodovar, l'acteur Jackie Chan, le Premier ministre islandais, David Gunnkaugsson, le père du Premier ministre britannique David Cameron, le roi Salmane Al Saoud d'Arabie saoudite, le secrétaire particulier du roi du Maroc Mohammed VI, le ministre algérien de l'Industrie Abdeslam Bouchouareb… 

En France : il y aurait 1.000 personnalités concernées. Parmi les premières révélations : l'ex-président de l'UEFA, Michel Platini (qui a démenti en assurant que ses affaires étaient "tout à fait légales"), l'ancien ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, le maire de Levallois, Patrick Balkany et l'homme d'affaires Patrick Drahi. Selon Le Monde, un parti politique français serait également concerné.

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 "Panama papers", mode d'emploi
Cette enquête sur les paradis fiscaux et les sociétés offshore place au cœur du scandale un cabinet d'avocats basé au Panama, Mossack Fonseca. Au total, plus de 11 millions de données confidentielles et de fichiers issus de ses archives ont été décortiqués pendant neuf mois par plus de 380 journalistes de 107 rédactions de 76 pays, dont  Le Monde  et l'équipe de Cash Investigation (France 2) qui y consacre une enquête mardi soir. Les documents ont été transmis par une source inconnue, qui les a d'abord remis au Süddeutzche Zeitung, un journal allemand, qui les a ensuite transmis au Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ).

 Comment fonctionne le système dévoilé ?
Le cabinet d'avocat Mossack Fonseca _ qui a dénoncé un "crime et un délit contre le Panama" après ces révélations - est spécialisé dans la domiciliation de sociétés écrans dans les juridictions offshore. Son rôle : accueillir des sociétés, qui bien souvent ne génèrent pas d'argent et qui sont domiciliées dans des paradis fiscaux. Elles servent uniquement à leur propriétaire pour dissimuler de l'argent dans un paradis fiscal. Mossack Fonseca est chargé de dissimuler l'identité du propriétaire de la société, qui s'en sert, à sa guise, pour dissimuler son argent, et ainsi éviter de payer des impôts dans son pays d'origine, ou blanchir de l'argent sale.

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