Panama Papers : David Cameron tente (en vain) de se refaire après sa sale semaine

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EVASION FISCALE - Publication de ses déclarations fiscales, mise en place d'un groupe d'enquête... Le Premier ministre britannique essaye de redorer son image après les révélations des Panama Papers. David Cameron apparaît en effet dans le listing des personnalités ayant profité du système panaméen.

David Cameron a annoncé ce dimanche 10 avril mettre en place un groupe de travail pour enquêter sur les révélations des Panama Papers. Plusieurs agences gouvernementales allieront leur force "pour lutter contre le blanchiment d'argent et l'évasion fiscale partout dans le monde", précise Downing Street. 

Cette annonce survient après la publication par le Premier ministre britannique de ses déclarations fiscales depuis qu'il est à son poste. Une manière de se racheter après l'apparition de son nom dans les Panama Papers. La Grande-Bretagne a ainsi découvert que David Cameron déclare 250.000 euros par an, comme le rapporte RFI

Nouvelle polémique

Mais mauvais coup pour le Premier ministre, la révélation d'un don d'environ 250.000 euros versé par sa mère à la mort de son père, l'entraîne dans une nouvelle polémique. Certains y voient une manière d'éviter l'impôt sur les successions. "Cameron devrait économiser 100.000 euros sur les droits de succession", titre ainsi le Telegraph.

Ces deux tentatives de sauvetage arrivent après une semaine difficile pour le Premier ministre britannique. Dans une interview donnée à la chaîne ITV jeudi 7 avril, il a reconnu avoir possédé des parts dans une entreprise offshore enregistrée au Panama, et créée par son père. Un aveu qui soulève une tempête outre-Manche, même si la démission du chef du gouvernement n'est pour l'instant pas à l'ordre du jour. Visage cramoisi et discours hésitant : David Cameron a peiné à se justifier.  

Des parts revendues avant son élection

C'est le point central de la défense de David Cameron. S'il admet avoir détenu des parts dans une société offshore, elles ont toutes été revendues avant son élection au poste de Premier ministre. Il affirme que ces part ont été revendues pour "quelque chose comme 30.000 livres", soit environ 37.000 euros.

Toutefois, la défense de David Cameron n'est pas un modèle de réussite. Après avoir nié dans un premier temps, il a présenté ses excuses devant le Congrès ce samedi, sans vraiment convaincre personne. "Ça n’a pas été une grande semaine. Je sais que j’aurais dû mieux gérer cette affaire, ne blâmez pas mes conseillers, la faute m’en revient, j’ai appris ma leçon", a déclaré le chef des Tories. Des regrets qui ne s'appliquent pas à l'évasion fiscale, mais à la gestion de la crise. Il faut dire qu'au Royaume-Uni, le genre d'opérations menées par le père de Cameron n'est pas illégal. 

Face à la pression populaire

*Le même jour, plusieurs centaines de manifestants se sont réunis devant le 10 Downing Street, résidence historique des Premiers ministres britanniques. 

Dans le même temps, le leader du parti d'opposition travailliste Jeremy Corbyn a sévèrement critiqué l'attitude de David Cameron en affirmant qu'il avait "perdu la confiance des Britanniques". Les réprimandes de l'opposition ne devraient pour autant pas aller plus loin. Souhaitant tous deux que le Royaume-Uni reste dans l'Union européenne, Cameron et Corbyn ont intérêt à ce que l'affaire ne prenne pas plus d'ampleur. Ils savent qu'en embuscade attend le maire de Londres Boris Johnson, héraut du Brexit et dont l'excentricité plaît de plus en plus aux électeurs.

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